Depuis samedi 16 février, toutes les églises des diocèses de Haute-Normandie, à l'image de l'abbaye Saint-Ouen à Rouen, résonnent à 17h, pour annoncer le dimanche.
C’est une première en France ! Samedi 16 février, les cloches de toutes les églises des diocèses de Rouen, du Havre et d’Évreux ont sonné à 17 heures. Ce sera le cas chaque semaine.
La demande émane de ceux que l’on nomme les trois évêques de la province : Monseigneur Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, Monseigneur Jean-Luc Brunin du Havre et Monseigneur Christian Nourrichard d’Évreux.
Une initiative qui intervient dans une période essentielle dans le calendrier de la communauté chrétienne, puisque dimanche 17 février coïncide avec le premier dimanche de Carême.
« Redonner une visibilité à la religion catholique »
Pour les évêques, cette action symbolique, et certes sonore, vise notamment à « redonner une visibilité à la religion catholique », mais pas seulement. Nous sommes loin en effet du temps où la France pouvait se proclamer fièrement fille aînée de l’Église…
Depuis cette lointaine époque de la Royauté de Droit divin sont intervenues les lois de séparation de l’État et de l’Église et chacun a donc continué son chemin.
Mais certaines pratiques sont restées longtemps ancrées dans le quotidien, comme le tintement des cloches justement. Plus que des coutumes ou des signes extérieurs de religion, elles étaient là pour rythmer les journées, tout simplement.
L’Angelus et le tocsin, le moyen de s’informer jadis
Ainsi en était-il de l’Angelus, qui résonnait matin, midi et soir, donnant aux travailleurs des champs et d’ailleurs, des indications fiables pour se repérer dans la journée. Autre son de cloche, celui du tocsin, qui retentissait encore le siècle dernier, pour annoncer de funestes événements, comme les incendies ou encore la guerre… autant de sons qui ont aujourd’hui disparu de nos sociétés contemporaines.
Réinstaurer le son de la cloche le samedi pour le diocèse, c’est aussi une manière de rappeler que la communauté catholique existe encore. Et quand bien même certaines voix commencent déjà à s’élever pour protester contre cette manifestation religieuse ostentatoire, qui ne respecterait pas la liberté de chacun de croire ou non, quel que soit le Dieu concerné, l’église catholique entend bien affirmer sa conviction et rappeler ce que représente le dimanche.
« Le dimanche est un jour que Dieu donne à l’humanité pour vivre autrement. Ce jour de repos commun permet des rencontres familiales, des activités associatives, culturelles et sportives. Il est important que les liens sociaux ne se limitent pas aux relations économiques. Le dimanche est aussi pour les chrétiens le jour où ils font personnellement et en Église mémoire de la Résurrection du Seigneur qui donne sens à leur vie », expliquent ainsi les évêques du diocèse.
Militer pour les dimanches sans travail
Avec cette décision symbolique, l’église catholique en Haute-Normandie entend ainsi également rappeler qu’elle est une fervente militante des dimanches non travaillés. Peut-être trouvera-t-elle dans cette démarche, d’autres défenseurs du dimanche sans travail pour faire cause commune.
- Vos réactions sur notre page Facebook
« Ils ont peur que l’on oublie qu’après le samedi, c’est le dimanche ? », s’étonne Pascal. Edwige : « Enfin nous retrouvons une coutume de le France », se félicite-t-elle.
Patrice : « Il me semblait que la France était un pays laïque, que l’Église était séparée de l’État… Pourquoi accepterions-nous ce procédé ? ».
« Est-ce que l’on pense à ceux qui n’ont aucune religion dans cette République ? Doit-on toujours subir les signes ostentatoires de toutes ces religions confondues ? », poursuit Amenelud.