Interview. Le ballet Igor Moisseïev au Zénith de Rouen

Des danses exécutées avec rigueur.

Des danses exécutées avec rigueur.


76actu : quelle est la particularité du Ballet Igor Moïsseïev ?
Elena Shcherbakova : Igor Moïsseïev a su réformer la danse populaire pour en faire un véritable art, il a créé son propre genre. Il a su assembler innovation et tradition. Il apportait sans cesse quelque chose de nouveau à cette dernière. C’est la première troupe de danses populaires professionnelle fondée.

Au fil du temps, l’esprit Moïsseïev reste-t-il le même ?
L’école du Ballet a maintenant 70 ans. Elle a été créée pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943. Nous sommes aujourd’hui à la 7e génération de danseurs au sein des ballets Igor Moïsseïev. Au sein de sa troupe, il fallait que les danseurs aient appris son style : une danse populaire scénique tout en gardant des bases classiques.

« Chaque génération de danseurs apporte une couleur…»

Chaque mouvement compte. Tout ce qu’il a créé reste moderne. Dans chaque œuvre qu’il a créée, même les miniatures, il y a un début, un corps et une fin. Et si vous observez bien, il y a des notes d’humour. Igor voyageait et s’inspirait du folklore de chaque nationalité. Il ne voulait pas montrer le folklore pur, mais montrer le caractère qu’il y a derrière. Il faut naître chorégraphe pour faire cela. C’est le seul chorégraphe de ce genre à avoir atteint un tel niveau de génie. C’est un véritable don de Dieu.
Dans le spectacle, tout est réglé au millimètre près, mais chaque danseur doit montrer au spectateur sa propre âme, sa personnalité. Chaque génération de danseurs apporte une couleur qui lui est propre.

Elena Shcherbakova transmet le savoir d'Igor Moïsseïev.

Elena Shcherbakova transmet le savoir d'Igor Moïsseïev.


Comment faites-vous pour ne pas perdre l’esprit Moïsseïev ?
Notre troupe est très jeune. 23 à 24 ans de moyenne d’âge. Ils sont 90% à avoir fait l’école Moïsseïev. Son niveau est très haut et son programme très complet. En cinq ans, ils apprennent ce qu’ils auraient appris en neuf ans dans un autre ensemble.

« Le ballet est venu environ 15 fois en France depuis 55 »

Nous transmettons de génération en génération. Les pédagogues d’aujourd’hui sont les danseurs de Moïsseïev d’hier, comme moi. Nous vivons dans la compagnie depuis longtemps. Nous transmettons les choses comme il voulait qu’elles le soient. Bien sûr, chaque génération apporte un petit quelque chose de nouveau.

Comment est-ce accueilli par le public français ?
Lors de notre dernière venue au Palais des congrès de Paris, nous avions enregistré un vrai triomphe. Depuis 1955, le ballet est venu environ 15 fois en France. Cette année, nous nous ouvrons à une nouvelle géographie en nous produisant dans des villes et régions dans lesquelles nous ne sommes jamais allés comme Rouen, Dijon, la Bretagne.
Le public français est très fin connaisseur. Nous espérons rencontrer un succès renouvelé. Ce sont d’ailleurs les Français qui ont donné le nom de ballet Igor Moïsseïev, car le public a comparé les danseurs à un véritable ballet. C’est un ensemble académique d’État de danses populaires.

Comment avez-vous rejoint le ballet Moïsseïev ?
J’ai fait le Bolchoï, mais quand j’ai vu pour la première fois le spectacle Moïsseïev, je me suis dit que si je n’étais pas prise dans ce ballet, j’arrêterais la danse. Moïsseïev assistait aux examens du Bolchoï. Il m’a choisie avec une autre fille et un garçon. Je suis ensuite devenue soliste de l’ensemble. Il a créé deux chorégraphies pour moi, ainsi que la Danse des Tartares de Crimée. Il savait parfaitement ce qu’il voulait voir et nous le montrait mieux que certaines répétitrices. Il n’était pas question de faire semblant. C’était toujours très difficile de répéter avec lui.

Un avant goût en images :

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Jean-Christophe Pereira est le directeur de l'association "Les Dragons vous ramènent".
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  • Infos pratiques :
    Mardi 26 février, au Zénith, avenue des Canadiens, au Grand-Quevilly, à 20h 
    Tarifs : de 38 à 53 euros
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