La disparition de Stéphane Hessel a suscité dans le pays, et dans bien des endroits du monde, une profonde tristesse et une émotion vraie. Parce qu’il avait traversé le siècle, ses heurts et ses bonheurs, il était un point fixe. Sa voix, vibrante de passion, indiquait que son idéal, l’humanisme, n’avait pas plié face aux assauts du temps. Ses combats, lointains ou plus récents, avaient des valeurs pour ciment : l’internationalisme, l’Europe solidaire, la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, en un mot la République. Son optimisme, antidote au cynisme, le rendait solaire, lui qui avait connu les ténèbres. Depuis ce matin, les hommages se multiplient et ils sont mérités. En songeant à Stéphane Hessel, les mots qui viennent au cœur et à l’esprit sont résistance, France, tolérance, reconnaissance. J’en ajoute un : humilité. Celle que son engagement inspire à tous les citoyens de bonne volonté et qui s’impose à eux pour le prolonger.