Dossier. Où en sont les chantiers au Havre ?

Le Volcan

Les accès au site sont transformés mais devront respecter au final le dessin de colombe créé par les garde-corps de béton chers à Oscar Niemeyer.

Les accès au site sont transformés mais devront respecter au final le dessin de colombe créé par les garde-corps de béton chers à Oscar Niemeyer.


C’est peut-être le chantier le plus emblématique de la ville du Havre puisque le site est l’oeuvre du célèbre architecte brésilien, Oscar Niemeyer, décédé le 5 décembre 2012, à l’âge de 104 ans (notre article). Pour sa réalisation, Antoine Rufenacht (l’ex-maire du Havre) avait rendu visite à l’architecte pour lui demander l’autorisation de transformer le lieu. Les intentions de la municipalité sont claires :

« Pas suffisamment fréquenté par les Havrais, la Ville a décidé de redynamiser cet espace urbain central et de valoriser ce patrimoine exceptionnel », résume le maire, Édouard Philippe.

Il convient ainsi de restructurer les accès au site. « Tous ces aménagements sont traités de manière à respecter le dessin de colombe, cher à Oscar Niemeyer, créé par les garde-corps de béton », défend la mairie.

Réouverture au printemps 2014

Dans le grand Volcan, mis à la disposition de la Scène nationale, c’est l’espace scène-salle qui va bénéficier de travaux de réhabilitation. Le petit Volcan, lui, est transformé en bibliothèque multimédia de 5 000 m2. Commencé en janvier 2012, le chantier s’est d’abord organisé autour des opérations de désamiantage du site. La réhabilitation proprement dite a démarré, elle, en octobre 2012. La Ville annonce une réouverture du site au printemps 2014. Coût total de l’opération : 50 millions d’euros. La municipalité, pour cette seule année 2013, consacre 27 millions d’euros d’investissement à ce projet.
Selon nos informations, l’avancée du chantier est actuellement contrariée par la présence d’une canalisation en amiante qui n’était pas signalée sur les plans. Une demande d’autorisation de démolition a été formulée par la Ville et serait toujours en attente de réponse.
Cette canalisation, située en bordure de la ligne de restaurants de la rue Racine, pose un sérieux problème : les commerçants qui avaient l’assurance de retrouver leurs terrasses extérieures au mois de mars s’entendent dire désormais qu’elles ne pourront être réaménagées, tout comme la rue Racine, avant juin. La nouvelle fait grincer des dents, car elle annonce une saison estivale morose pour les restaurateurs.

Le Tetris

La décision a été prise lundi 4 mars, au matin : Le Tetris ne sera inauguré qu'en septembre 2013.

La décision a été prise lundi 4 mars, au matin : Le Tetris ne sera inauguré qu'en septembre 2013.


Avec la fermeture du Volcan et sa salle de concert, le Cabaret Électric, la Ville vante Le Tetris comme LA future salle de spectacles du Havre. Implanté au coeur du fort de Tourneville, Le Tetris sera composé de deux salles de spectacles, l’une constituée de 823 places et une seconde, plus petite, de 186 places, pour des concerts et spectacles de petite jauge, « répondant ainsi au besoin réel de nombreuses associations culturelles havraises ».
Le projet accueillera également deux studios d’enregistrement professionnels. Coût total de l’opération : environ six millions d’euros.

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La Papa’s Production, l’association culturelle du Havre, qui est notamment l’organisatrice du festival des musiques actuelles, Ouest Park, est le maître d’oeuvre de ce projet soutenu par la municipalité. Lancé au début de l’année 2012, le chantier arrive presque à sa fin. Deux à trois mois de retard sont néanmoins annoncés pour la livraison.

Ouverture en septembre 2013

Initialement, la Ville annonçait l’ouverture de cette nouvelle structure au printemps 2013. Il faudra que le public patiente jusqu’en septembre 2013 pour découvrir ce nouvel équipement.

«  Le procédé de superposition des containers (Ndlr : qui vont constituer une partie de la structure) – qui est un procédé assez unique en soi – a nécessité la mise en application de nombreux tests, notamment en termes de stabilité et d’isolation. Le retard du chantier provient de cette multiplication », explique Caroline Moreau, chargée de communication de la Papa’s production.

Ce retard annoncé n’est finalement pas si important. Mais alors que la Papa’s Production s’apprête à démonter les chapiteaux qui ont abrité la saison musicale 2012 de l’association, les amateurs de musique se sont néanmoins émus de cette annonce. « S’il n’y a plus de session musicale sous chapiteau, nous restons bien présents sur des événements hors les murs », insiste la chargée de com’.
Elle cite le mois de l’Architecture qui vient de débuter, le driving en avril sur le fort ou encore la participation du Tetris à la Saison graphique en juin prochain. « Et nous ne sommes pas à l’abri d’organiser des micro-événements sur le fort, ou ailleurs. »

Des visites théâtralisées du chantier

Des visites théâtralisées du chantier sont aussi programmées, samedi 16 mars. Mais la chargée de communication de la Papa’s production aurait tout de même souhaité une ouverture du nouvel équipement musical du fort de Tourneville en juin prochain. « Ce serait le moment idéal. Nous pourrions imaginer un temps festif inaugural sur quinze jours », imaginait-elle. Mais lundi 4 mars, la Papa’s production a eu confirmation de la mauvaise nouvelle. L’ouverture du site est prévue en septembre, un mois d’inauguration qu’elle devra partager avec le CEM (voir ci-dessous).

Le CEM (le Centre d’expressions musicales)

Le Cem, ce sera six studios de répétition et une scène pédagogique.

Le CEM, ce sera six studios de répétition et une scène pédagogique.


Aux cotés du Tetris, sur le fort de Tourneville, se dessinent six studios de répétition. Porté par le CEM (Centre d’expressions musicales), ce nouvel équipement va permettre l’accueil de musiciens professionnels ou amateurs. À l’intérieur de ce nouveau site est également aménagé une scène pédagogique destinée à former les artistes à la scène. Là aussi, petit retard de chantier ! Alors que le CEM aurait souhaité l’ouverture au public de cet équipement en juin 2013, il lui faudra patienter plusieurs mois encore…

« Difficile à ce jour de dire quand nous serons prêts », confirme Jean-Philippe Rousseau, chef de projet pour le CEM. L’entreprise en charge du chauffage et de la climatisation des nouveaux lieux s’est tout récemment retiré du projet.« Nous avons été contraints de refaire un appel d’offres. Aujourd’hui, on tente de rattraper le retard, mais ce n’est pas évident », admet-il.

Une soute à munitions découverte

L’objectif ? Une ouverture en septembre 2013. Ce chantier aura été émaillé de surprises. En creusant au fort de Tourneville, une soute à munitions, dont personne ne connaissait l’existence, a été découverte. Ce patrimoine, dont les murs sont décorés de graffitis – ils datent des années 40 – est désormais valorisé, et accueillera la scène pédagogique.

« Cette découverte a permis la mise en place d’un partenariat inédit avec la Fondation du patrimoine, fondation Total, qui a accepté de nous aider dans cette démarche de mise en valeur », se réjouit aujourd’hui Jean-Philippe Rousseau.

D’ailleurs, les 16 et 17 mars, dans le cadre du mois de l’Architecture, des visites guidées seront proposées pour donner à lire au plus grand nombre l’évolution du chantier. Le coût global de ce projet ? 2 500 000 euros.

Le Pôle d’art et d’essai

Est-ce que le Pôle Art et Essai sera vraiment opérationnel avant la fin 2013 ?

Est-ce que le Pôle d'art et d'essai sera vraiment opérationnel avant la fin 2013 ?


« Pour succéder à l’Éden, dont la fermeture était aussi dictée par des raisons de sécurité, le Sirius sera entièrement reconfiguré et accueillera un Pôle d’art et d’essai d’envergure », explique la Ville.
Évalué à 4 millions d’euros, ce nouveau projet est porté pour l’essentiel par le directeur d’exploitation du Sirius, Stéphane Foulogne, aidé dans sa démarche par la Ville et la Région qui contribuent chacun à hauteur de 800 000 euros.
Le Sirius
, cinéma d’art et d’essai, a quitté son emplacement emblématique à l’angle du Cours de la République et de la rue Duguesclin, tout près de l’Université, pour permettre la démolition du lieu, et, à terme, la reconstruction de ce pôle d’art et d’essai.

Quatre salles de 85 à 300 places

Ce dernier sera équipé de quatre salles de projection de 85 à 300 places, et d’espaces d’activités culturelles, d’expositions ou de rencontres. Le 9 mai 2012, le Sirius prenait place dans l’ancien cinéma Les Clubs de l’avenue Foch, fermé quelque mois plus tôt.

« Déménager aux Clubs ne se fait pas de gaieté de cœur. Tout au long de son histoire, quel que soit l’exploitant à sa barre, ce cinéma n’a jamais marché », analysait Stéphane Foulogne, il y a quelques mois.

Un an de retard sur le projet

Le pilote du Sirius craignait de perdre une partie de son public alors que l’objectif affiché était de passer de 50 000 spectateurs (fréquentation du Sirius en 2012) à 100 000 dans un délai de trois à quatre ans. Mais cette implantation est temporaire. Le nouveau pôle d’art et d’essai, d’abord annoncé pour la fin de l’année 2013, ne sera livré qu’à la fin 2014. En effet, les travaux de démolition du cinéma du Cours de la République, annoncés au préalable à l’été 2012, n’ont toujours pas débutés.

L’Électro

Quid de l’Électro ? La mairie souhaite réaménager une ancienne usine implantée dans les quartiers sud du Havre, l’usine Hoover. La Ville dit vouloir transformer ce vestige industriel actuellement occupé par les ateliers municipaux « en un espace de création et de diffusion artistique ».
Elle évoque des travaux programmés en 2014-2015. Mais, depuis la toute première annonce de cette réalisation, plus personne n’évoque le projet… Interrogée, la mairie répond cependant que « les études de préfiguration sont toujours en cours ».

Le Pôle enfance et famille Molière

Ce complexe, premier du genre au Havre, ouvrira ses portes à la rentrée de septembre 2014.

Ce complexe, premier du genre au Havre, ouvrira ses portes à la rentrée de septembre 2014.


Dans les quartiers sud du Havre, la Ville construit en lieu et place des anciennes écuries Levoy, rue Amiral Courbet, le Pôle éducatif et familial « Molière ». Cet ensemble de 7 200m2 comportera une école maternelle de huit classes, une école élémentaire de 12 classes, un accueil périscolaire, une cuisine et un restaurant scolaire, un centre de loisirs pouvant recevoir 80 enfants, ainsi que des espaces dédiés à l’accompagnement des parents et de la famille.
Ce pôle sera accessible à tous, douze mois sur douze. Il remplacera les écoles Gravelotte et Courbet et permettra l’ouverture de huit classes supplémentaires au sein d’un quartier en pleine mutation, avec un fort accroissement de la population espéré.
Le chantier a démarré au printemps dernier. Son originalité : l’une des façades des anciennes écuries, toute de brique rouge, est conservée, permettant une architecture, mélange d’ancien et de contemporain. La Ville annonce son ouverture à la rentrée 2014.

Les autres projets de la Ville

• La piscine du Cours de la République, qui a été totalement réhabilitée, devrait retrouver sa façade d’origine, datant de 1936, à l’été 2013.

« 21 000 euros ont été récoltés dans le cadre de la campagne de mécénat lancée en vue de la refonte des “Baigneurs”, les deux sculptures monumentales qui ornent la façade de la piscine », informe la Ville.

• Dans les tout prochains mois sera aussi inauguré l’Espace sport jeunesse Valmy, un nouvel équipement composé d’un espace sportif et d’un espace jeunesse qui comprendra des salles d’activités, une salle de musculation, une salle vidéo, des espaces détentes. Le coût global de l’équipement ? 5 millions d’euros. La Ville prend à sa charge 2,3 millions d’euros.

• La ville consacre aussi 800 000 euros à l’aménagement de la zone d’activités nautiques, quai de l’Escaut.

Les Bains des Docks, l’autre chantier du Havre

Les Bains des Docks doivent rouvrir leurs portes au public, à la fin août.

Les Bains des Docks doivent rouvrir leurs portes au public, à la fin août.


7 380 000 euros HT, tel est le montant du chantier de réhabilitation de la piscine Les Bains des Docks, conçue par Jean Nouvel. Quatre ans seulement après son ouverture, la Codah (la Communauté d’agglomération du Havre) entreprend ce chantier pour assurer aux usagers le confort qu’ils sont en droit d’attendre quand ils fréquentent un établissement nautique comme celui-ci. Un établissement qui a coûté 21 millions d’euros.

« Les Bains des Docks, ouverts au public en juillet 2008, ont souffert d’un vieillissement prématuré de ses parements intérieurs, notamment constitués d’éléments en pâte de verre », résume la Codah (notre article).

Conséquence fâcheuse : il faut remplacer les 10 000 mètres carrés de carrelage qui habillent l’élément architectural du sol au plafond. 53% du coût du chantier sont d’ailleurs consacrés à cette opération. Les ouvriers sur place depuis janvier 2013 procèdent aussi au renforcement des isolations des verrières par l’extérieur, à l’amélioration du traitement de l’air, au remplacement d’un certain nombre d’éclairages…Le chantier s’achèvera durant l’été. La réouverture de la piscine est annoncée pour la fin août.

L’ENSM (École nationale supérieure maritime)

La Codah a dépose le permis de construire de ce futur projet, le 1er février. ©groupement-SOGEA-construction-AIA-ECHOS-ECONOMIE-80

La Codah a dépose le permis de construire de ce futur projet, le 1er février. ©groupement-SOGEA-construction-AIA-ECHOS-ECONOMIE-80


Autre chantier de la Codah. Et un sacré chantier que les élus, mais aussi les partenaires portuaires et socio-économiques locaux, ont défendu auprès des autorités compétentes, quand, au changement de gouvernement, la crainte de voir l’État se désengager financièrement de ce projet, s’est manifestée. Il s’agit de la construction, en substitution du pôle de Sainte-Adresse, d’une École nationale supérieure maritime (ENSM) au coeur de la ville du Havre. Le futur établissement doit s’ériger autour du bassin de l’Eure et de la presqu’île Frissard, tout près du nouvel établissement qui abrite notamment Sciences Po.

« L’intention est de réaliser un bâtiment exemplaire avec des objectifs environnementaux ambitieux », prévient la Codah.

Cette construction est destinée à accueillir les futurs élèves ingénieurs de l’ENSM en formation d’officier de première classe de la marine marchande en France. La Codah a déposé le permis de construire le 1er février. Coût de l’opération : 27,8 millions d’euros.

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