http://www.20minutes.fr/article/1084219/fuites-reseaux-eau-diminuer-chiffres-et-litres
– Inscrites dans les orientations du Grenelle de l’Environnement, la détection et la réduction des fuites sur les réseaux d’eau constituent des enjeux majeurs. Objectif: réduire les pertes à 15%, en imaginant toutes sortes de solutions…
D’un côté, six milliards de mètres cubes d’eau prélevés chaque année par les collectivités françaises. De l’autre, 1,2 milliard de mètres cubes perdus dans les 856000 kilomètres de réseau traversant le pays. En moyenne, sur cinq mètres cubes qui remontent les canalisations, un est perdu en cours de route. Esquissé en 2010 par le ministère de l ’Écologie, du Développement durable et de l’ Énergie, ce constat a de quoi donner le tournis. Et on comprend aisément la détermination des pouvoirs publics à vouloir améliorer les méthodes de détection et réductions de fuites dans les réseaux d’eau. Ainsi, l’objectif est d’atteindre un taux de 15% de pertes le plus rapidement possible.
Pour cela, «la connaissance de l’état du patrimoine ainsi que son renouvellement sont devenus des enjeux majeurs», explique le ministère. Fuites, casses, problèmes d’étanchéité, utilisations non comptabilisées… Les causes peuvent être multiples sur un ensemble de réseaux dont l’installation a débuté à la fin du XIXe siècle.
Transport et distribution de l’eau potable
Pour y parvenir, de multiples étapes doivent être franchies dans le cadre de ce qui est défini par l’article 161 du Grenelle de l’Environnement. Le premier impératif, c’est la mise en place d’un descriptif détaillé des ouvrages de transport et de distribution d’eau potable (avant le 1er janvier 2014), pour chaque commune exerçant la compétence de distribution en eau potable. Autre cap important : la définition de plafonds de taux de pertes d’eau en réseaux. Ces derniers varient selon les secteurs. Fixés par décret en fonction des caractéristiques des différentes zones, ils dépendent notamment de la capacité ou non des ressources en eau à répondre aux besoins. Enfin, dans les cas les plus problématiques, des programmes pluriannuels de travaux d’amélioration peuvent également voir le jour.
L’enjeu a également été compris par les opérateurs de la gestion de l’eau en France (Suez, Saur et Véolia principalement). Ces derniers sont conscient d’évoluer dans un contexte mouvant. «Il y a dix ans, les entreprises chargées de la gestion des réseaux réparaient les fuites pendant que les collectivités amélioraient les canalisations, explique Christophe Tanguy, directeur de la performance, au sein du pôle eau et assainissement de la Saur. Désormais, les secondes demandent beaucoup plus d’informations aux premières, qui doivent proposer un maximum de solutions en fonction des moyens disponibles».
Réfléchir à des solutions en amont
La façon de dialoguer a changé… et les modalités d’action aussi. Pour trouver toutes sortes de leviers améliorant la performance en matière de recherche de fuite, les solutions intelligentes se multiplient. Capteurs et compteurs communicants, outils favorisant l’analyse… la technologie tient une place de choix dans des dispositifs favorisant la réactivité.
«Pour nous, cela ne suffit pas, assure Christophe Tanguy : il faut aussi investir dans des moyens humains pour analyser les données, optimiser les interventions. Voilà pourquoi, depuis 2007, nous avons mis en place des centres de pilotage opérationnel : c’est ce qui permet de traiter les casses et les fuites, mais aussi d’intervenir en amont et de réfléchir à toutes les solutions qui permettent de réduire les pertes (réduire la pression, mettre en place des stabilisateurs) sans forcément engager d’emblée de lourds travaux. L’objectif étant de répondre à deux questions : que sait-on et que veut-on faire, en termes d’organisation, d’outils et d’usages».
Au bout du chemin, la réduction de ces fuites pourrait permettre d’économiser près de 400 millions de mètres cubes d’eau par an.
>> Retrouvez notre dossier spécial sur l’eau ici
N. Ro.
Créé le 21/01/2013