Guy Bedos au Rive Gauche : silence on rit !

À l’occasion de son dernier tour de France – une tournée d’adieu, intitulée Rideau –, Guy Bedos fait une nouvelle fois halte à Saint-Étienne-du-Rouvray, vendredi 15 et samedi 16 mars. Le verbe aiguisé, l’adjectif salé, Guy Bedos croque l’actualité politique avec toujours autant de gourmandise. Même s’il a dû changer le menu de ses sketches : "Je parle fatalement plus, aujourd’hui, de Hollande que de Sarkozy", sourit-il. Ce qui exige une recette plus subtile : "Sarkozy était un client superbe, Hollande est un personnage plus difficile à cerner, confie l’artiste, mais je commence à bien voir son fonctionnement !" Avec ses cinquante années de carrière, l’humoriste a l’habitude de s’adapter aux changements à la tête de l’état. Et à 78 ans, il ne se lasse pas de passer au mixeur l’actualité, gardant un œil moqueur sur tout. "Je lis la presse, je regarde la télé, je me tiens au courant, explique-t-il humblement. J’essaie de faire du drôle avec parfois du triste. Et surtout, je parle en citoyen."
Un artiste citoyen qui met un point d’honneur à parcourir l’Hexagone, petites et grandes salles, dès qu’il entreprend une tournée. "J’aime autant passer à Paris, Marseille ou Nice, qu’à Vesoul ou Saint-Étienne-du-Rouvray, insiste-t-il. Je n’ai jamais pris la province de haut." Laurence Izambard, chargée des relations publiques au Rive Gauche peut en témoigner : "Quand on reçoit des artistes de cette envergure, on appréhende toujours un peu. Certains disent qu’ils ne veulent voir personne, reconnaît-elle. Mais Guy Bedos, lors de son dernier passage, avait partagé un plat de pâtes avec l’équipe avant le spectacle, puis il avait discuté longuement avec le public, après."
Le retour de cet artiste accessible et chaleureux est prévu de longue date. "Ce genre de tournées s’organise très longtemps à l’avance, indique Laurence Izambard, les dates ont été calées à l’automne 2011. On a été alerté par la société Karavane production. Nous n’avons pas bénéficié d’un traitement de faveur, mais on a des habitudes de travail qui facilitent ce genre de programmation. C’est en collaboration avec Karavane production que nous avons, par exemple, accueilli Le Cirque invisible de Victoria Thiérrée-Chaplin et Jean-Baptiste Thiérrée pendant une semaine de rêve et de folie en février 2009. Ou encore Christian Escoudé et Juan José Mosalini."
Pour recevoir des artistes aussi renommés, il faut donc être réactif. Pour prendre ses billets aussi : s’il reste encore quelques places en balcon et quelques fauteuils en haut de la salle, les deux dates de Bedos ont très vite été prises d’assaut. D’autant qu’il n’est pas courant de pouvoir applaudir l’humoriste pour 15 ou 25 euros. Cette politique de service public offre ainsi à tous l’occasion de partager avec de grands artistes une relation de proximité : "Au Zénith comme dans une salle plus réduite, souligne Guy Bedos, les gens n’ont pas l’air déçus…" Et c’est parce qu’il ne voudrait, pour rien au monde, les décevoir qu’il a décidé de faire cette année son dernier tour de piste : "Le one-man-show réclame une énergie très forte, je l’ai toujours, même à mon âge, mais il faut faire attention de ne pas devenir émouvant pour de mauvaises raisons. Vous savez que je n’ai que deux ans moins que Chirac ?" conclut-il, la référence politique toujours au bout des lèvres.

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