Mgr Jean-Charles Descubes attend de Rome un esprit décentralisateur

(fil-fax 16/03/13)

L’élection mercredi 13 mars de Mgr Jorge Mario Bergoglio à la papauté sous le nom de François a été une surprise pour Mgr Jean-Charles Descubes. L’archevêque de Rouen l’a confié au lendemain d’un conclave qu’il n’attendait pas « aussi rapide » pour rendre une décision. « J’ai été surpris, reconnaît Jean-Charles Descubes, mais je me souviens qu’après la renonciation de Benoît XVI, son nom avait été cité. Je m’étais dit que ce ne serait pas mal. L’Amérique latine, c’est une bonne chose ».

Quelques heures plus tard, l’archevêque de Rouen retient la façon le nouveau pape s’est présenté, d’abord comme évêque de Rome « qu’on est allé chercher au bout du monde » plutôt que chef d’une communauté. Car « l’Eglise n’est pas une multinationale dont le Pape serait le président », observe le responsable du diocèse de Rouen pour qui le Pape est l’évêque d’une église, « chargé de la Communion avec les Eglises ». Il veut croire que « ça va changer les relations avec les évêques et la manière dont l’administration vaticane va se comporter avec eux ». Mgr Descubes enfonce le clou : « Oui, il y a une dérive réelle de l’église catholique ». Est pointé du doigt le fonctionnement centralisé de la Curie romaine – le gouvernement du Vatican – au sein de laquelle « il y a besoin de plus de communication et plus de concertation ». « On a besoin de décentralisation », insiste Mgr Descubes en demandant « le respect et l’autonomie des différentes églises ».

Le signal de cette évolution qu’il appelle de ses vœux mais n’est pas acquise, l’archevêque de Rouen l’a perçu dans un de ses premiers gestes qui a été de demander à la foule rassemblée au Vatican mercredi soir de prier pour lui, « pour qu’il soit lui-même béni par Dieu avant de pouvoir bénir le peuple ».

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