La ville de Lille appliquera la réforme des rythmes scolaires en 2014, a annoncé la maire socialiste, Martine Aubry, qui souhaite « prendre le temps de la concertation », lundi lors d’un point-presse. La maire de Lille a affirmé que la date d’application n’était « pas un enjeu, ce qui est important, c’est le contenu », l’ancienne première secrétaire du PS souhaitant « poursuivre l’apprentissage des savoirs de base en intervenant avec d’autres supports », sensibiliser « tous les enfants aux nouvelles technologies et à l’anglais », favoriser « l’épanouissement des enfants par la culture et le sport », ainsi que « l’apprentissage de la citoyenneté ».
Lille rejoint donc la longue cohorte des ville qui ne se précipitent pas pour bouleverser l’agenda des écoliers. Des grandes villes de gauche – Lyon, Strasbourg, Montpellier, Metz – comme de droite – Marseille, Nice, Bordeaux, Le Havre, Toulon – ont d’ores et déjà jugé qu’il valait mieux attendre un an de plus. Le ministre de l’Éducation nationale espère cependant qu’au moins un élève sur deux passera aux quatre jours et demi dès la rentrée 2013. Paris tarde à rendre sa copie, mais on sent Bertrand Delanoé prêt à ne pas franchir le gué trop tôt. Décision le 25 mars.
A Rouen, par contre, l’envie d’être le premier de la classe semble prendre le pas sur toute décision raisonnable. Malgré un climat de fronde des enseignants et des parents pourtant bien réel, le Maire de Rouen et son adjointe aux affaires scolaires persistent et signent, délayant la pseudo-négociation dans un zeste de concertation où le scénario est déjà écrit à l’avance.
Nous l’avions déjà dénoncé lors du vote du budget : absence de projet éducatif concret, si ce n’est à vouloir remplir les heures d’une façon ou d’une autre pour être en phase avec le Ministère, et surtout, une inconnue majeure en terme de coût sur les finances municipales. Le Maire de Rouen et son adjointe vont vite…trop vite, et au final, au nom du dogme, ce sont les enfants et les équipes éducatives de l’ecole publique (et oui, le Privé n’est pas concerné par le texte ministériel) qui risquent de payer le prix fort. Des parents d’élèves, inquiets de ne pas être entendus, ont mis en ligne une pétition, demandant un projet éducatif ambitieux, et un report à 2014 de l’application de la réforme dans les écoles rouennaises.
Pour notre part, et nous l’avons déjà dit, il nous semble urgent de prendre le temps de la réflexion et de la concertation jusqu’à la rentrée de 2014, avec tous les acteurs afin de préparer au mieux avec les équipes éducatives et les services municipaux, l’accueil des enfants touchés par la réforme des rythmes scolaires. Vouloir par principe les appliquer dès la rentrée de 2013 ne nous semble pas aller dans l’intérêt supérieur de l’enfant.