L’ex-maire du Havre au chevet de l’UMP

L'ancien maire du Havre, nouvellement nommé à la tête du Conseil Supérieur des Primaires UMP.

L'ancien maire du Havre, nouvellement nommé à la tête du Conseil supérieur des primaires UMP.


Après la Cocoe (la Commission d’organisation et de contrôles des opérations électorales), une nouvelle instance vient de voir le jour à l’UMP : le CSP (le Conseil supérieur des primaires). Objectif ? Éviter la zizanie et le psychodrame qui avaient ébranlé le parti et ses militants lors de l’élection du nouveau chef. Après une tumultueuse campagne et un dépouillement jugé douteux – alternativement par les deux camps – c’est, rappelons-le – Jean-François Copé qui avait été élu président de l’UMP face à François Fillon.

Le Havre au coeur des querelles intestines de l’UMP

Lors de cette chaotique élection, c’est un Normand, déjà, qui avait occupé les fonctions de directeur de cette fameuse Cocoe : Patrice Gélard, le maire de la commune de Sainte-Adresse (commune limitrophe du Havre) et sénateur de Seine-Maritime. Il avait tenté d’arbitrer le match politique qui se disputait et déchirait le parti. Pour assurer la présidence du Conseil supérieur des Primaires, c’est de nouveau un Normand qui est appelé à la rescousse par l’UMP : Antoine Rufenacht !
L’ancien maire du Havre, de 1995 à 2010, aujourd’hui âgé de 73 ans, vient d’être nommé président dudit conseil. Cet ancien directeur de campagne de Jacques Chirac s’était retiré de la vie politique en 2010, abandonnant son mandat de maire au profit d’Édouard Philippe.
Nommé en avril 2011 par Nicolas Sarkozy à la tête de l’Axe Seine pour réfléchir aux projets d’équipements entre le Havre et Paris, il avait été débarqué et remercié en  novembre 2012 par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, suite à la suppression du commissariat général pour le développement de la vallée de la Seine.  Aujourd’hui, Antoine Rufenacht est rappelé à la vie politique et devrait exercer « une fonction morale et de contrôle » dans le cadre des primaires qui désigneront le futur candidat UMP à la mairie de Paris.

Antoine Rufenacht, croqué ici par Chaunu, sera-t-il aussi exposé que Patrice Gélard, lors de l'élection à la présidence de l'UMP ?

Antoine Rufenacht, croqué ici par Chaunu, sera-t-il aussi exposé que Patrice Gélard, lors de l'élection à la présidence de l'UMP ?


Antoine Rufenacht est déjà critiqué

Plusieurs candidats sont en lice pour cette élection qui devrait permettre, à l’issue d’un scrutin scrupuleusement encadré, de désigner le candidat de la droite, celui qui partira au combat pour détrôner la gauche et Anne Hidalgo, favorite de l’actuel maire PS de la ville de Paris, Bertrand Delanoë.
Le premier tour devrait avoir lieu entre le 31 mai et le 3 juin 2013. Le vote électronique serait privilégié.  L’ancien maire de la cité océane aura pour mission de superviser l’organisation du scrutin et de contrôler le bon déroulement de ce dernier. Toutefois, à peine nommé, le président du CSP est déjà au cœur des polémiques. Trois des candidats critiquent le choix d’Antoine Rufenacht, Chiraquien accusé d’avoir une affinité politique avec l’autre candidate :  Nathalie Kosciusko-Morizet.
Rachida Dati, la maire du 7e arrondissement de Paris, Jean-François Legaret, le maire du 1er et chef du groupe au conseil de Paris et le conseiller régional, Pierre-Yves Bournazel, dénoncent l’opacité du système et ne valident guère la désignation d’Antoine Rufenacht au poste de président du CSP. Deux autres adversaires se sont déclarés : le conseiller régional Franck Margain (Parti chrétien-démocrate) et une inconnue, Douce de Franclieu.

Trop proche de Chirac….

Pour les trois candidats en lice, Antoine Rufenacht serait de la même famille politique que Nathalie Kosciusko-Morizet ; la députée de l’Essonne étant considérée comme un bébé chiraquien. Favorite à droite, NKM devrait, toutefois, si elle était candidate à la mairie de Paris s’attendre à un difficile combat face à Anne Hidalgo, dauphine de l’actuel maire de Paris. Par ailleurs, les trois prétendants attirent l’attention sur l’opacité du système, un mode de scrutin discutable et une organisation à préciser.
Après avoir été débarqué sans ambages de son poste de commissaire au développement, espérons qu’Antoine Rufenacht sera maintenu dans ses fonctions : charge délicate que de maintenir la paix au sein d’un camp qui s’entredéchire.

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