Un nouveau pape ou comment faire du neuf avec du vieux

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Après le rituel et symbolique lâcher de fumée blanche, le
conclave annonçait le nom du nouvel homme fort de la sainte église romaine
catholique. Un pape argentin d’origine italienne. Ou comment faire du neuf avec
du vieux…

Ce sera donc sous le nom de François, Franciscus en VO, que l’heureux élu
qui se nomme dans la vraie vie Jorge Mario Bergoglio, règnera donc sur une
armée de fidèle et quelques kilomètres carrés enclavés dans la capitale
italienne. Le nouveau pape François, qu’il ne faut surtout pas appeler
« premier » avant qu’il n’y ait un François II nous a sermonné le
Vatican, ne sera donc pas le pape de la renaissance à l’instar d’un ancien roi
de France partageant le même prénom, mais revendiquant fièrement son patronyme,
si j’ose dire, de « premier ».

Si par définition, le pape élu atteint toujours un âge presque canonique,
nous constatons tout de même que le dépoussiérage ou le rajeunissement de la
fonction papale n’est pas à l’ordre du jour dans les couloirs du Vatican. Mais
le rite papiste est fait de rites, justement, auxquels cette fois encore n’a
pas dérogé.

Celles et ceux qui rêvaient d’un jeune pape, au physique de surfer
californien, d’un pape africain ou asiatique reflétant la diversité des
fidèles, d’un pape progressiste, d’un pape tourné vers l’avenir, en seront pour
leurs frais. Car malgré les premières gesticulations médiatiques nous montrant
un homme devenu pape qui serait finalement un « pape normal » prenant
le métro et faisant lui-même la cuisine, une sorte de François Hollande bis,
quelques fâcheux, aigris, iconoclastes, râleurs professionnels, fouille-merdes
ou tout simplement personnes ayant un peu de mémoire et peut-être même de
conscience citoyenne on déterré un passé que d’aucuns n’auraient voulu voir
resurgir. En effet, le citoyen argentin Jorge Mario Bergoglio semble avoir
réussi à s’adapter et même à frayer dans les eaux troubles de la dictature
argentine de sinistre mémoire.

Digne successeur de Benoit XVI qui, lorsqu’il se nommait encore Ratzinger
s’inscrivit aux jeunesses hitlériennes, François, le pape normal, continue
cette lignée de papes brièvement interrompue par un certain Jean-Paul 1er qui
lui ne dura que 33 jours. Il est vrai que Jean-Paul 1er avait fait paart de sa
volonté de réformer quelque peu l’église.

Mais revenons à notre Maradona du Vatican. Si, pour l’instant, la
controverse continue sur le rôle que Bergoglio aurait joué en livrant deux de
ses amis jésuites au pouvoir de Videla ou d’un autre général argentin, on ne
tardera pas à s’apercevoir que le nouveau pape, comme ses deux prédécesseurs ne
porte pas haut l’étendard du progrès, celui qui fera entrer le Vatican dans le
XXIème siècle.

Mariage des prêtres, prêtrise (et pas traîtrise) ouverte aux femmes,
contraception, mariage pour tous et toutes, ne seront pas des sujets qui
évolueront significativement sous le règne du père François, parions-le. Le
Vatican restera fidèlement coincé dans un autre siècle que l’ensemble de la
société et du monde. Finalement, avec son pape « normal », usager du métro
et cuisinier quotidien, l’épiscopat fait du neuf avec du vieux.

Mais foin des procès d’intention. On se souviendra jusqu’à la fin du
pontificat de François tout court que celui-ci a déclaré qu’il voulait faire de
l’église catholique « une église pauvre pour les pauvres ». On guettera
donc tout signe qui ira dans le sens de la promesse papale.

On ne laissera pas le mot de la fin au regretté JeanYanne qui déclara un
jour « La fumée blanche au Vatican annonce l’élection d’un nouveau
pape… en même temps que la combustion de l’ancien
 » mais au
philosophe normand et hédoniste Michel Onfray qui écrivit en 2006 :
« Si le royaume des cieux appartient aux pauvres, nul doute qu’au
Vatican se compte un nombre considérable de damnés
».

Combien d’habitants au Vatican, déjà ?

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