La tablette tactile était de sortie ce jeudi matin dans la classe de CM1-CM2 de l'école Jeanne d'Arc. Mais sur ce modèle aucun accès à internet. Celle-ci a pour fonction d'écrire en braille. Muni d'un poinçon, tour à tour chaque élève s'essaye à retranscrire son prénom selon l'alphabet en relief destiné aux non-voyants. Aux commandes de cet atelier, Joëlle Gouret, stéphanaise championne et tir à l'arc, souffrant de cécité.
Cette rencontre entre la sportive et les enfants a été organisée par cinq étudiants, élèves ingénieurs en première année, à l'Esigelec sur le technopôle du Madrillet. Antoine Peltier, Marie Sultan, Romain Boyer, Quentin Fauveau et Yohann Guingand vont ainsi intervenir à trois reprises, dans le cadre de leurs études, au sein de la classe. Plusieurs ateliers sont ainsi proposés que les élèves vont avoir l'occasion de fréquenter. Dans la cour, les yeux bandés, il s'agit d'apprendre à manier la canne blanche pour repérer les obstacles. Au réfectoire, c'est un loto des odeurs qui se joue et permet d'exercer son nez à repérer des senteurs plus ou moins agréables : cassis, tabac et même urine de chat…
La directrice de l'établissement, Laurence Verdure, observe avec attention l'organisation de cette intervention. « J'apprécie vraiment comment ces étudiants travaillent, ils ont un bon relationnel avec les enfants. La question du handicap est inscrite dans le cadre du livret de compétences. L'école accueille un certain nombre d'enfants souffrant d'un handicap, leurs camarades sont donc déjà sensibilisés. Mais là l'approche est différente de celle que je pourrais avoir, c'est intéressant. »
Effectivement les élèves ont été touchés par l'expérience, notamment le témoignage de Joëlle Gouret. « Elle nous a expliqué qu'elle avait un appareil capable de lui dire la couleur d'un vêtement et que cela lui permettait de bien choisir ce qu'elle portait. Elle a aussi une montre parlante et grâce à son chien guide elle peut aller partout », raconte avec enthousiasme Mathys.