
La mise en place de la redevance incitative n’en finit pas de faire des vagues sur le canton de Gournay. Et les propos du président du SIEOM, Michel Bouchez, dans notre précédente édition ne rassurent pas les habitants, à l’instar de ce Ferrièrois qui « ne croit pas une seconde » que les prix annoncés sur la grille modèle vont baisser.
« Pour moi, ce document, c’est comme un devis. Le président du SIEOM dit que ça va baisser, or il dit aussi que les coûts principaux, collecte et valorisation, sont connus. Seuls les bacs de collecte sont estimés, donc, ça ne va pas baisser de beaucoup. »
Et le Ferrièrois de calculer la différence de coût entre le service actuel et le coût futur estimé : « J’ai acheté un bac de 240 litres il y a quelques années, je l’ai payé 39 €, il est donc amorti. Pour la collecte et 48 levées, je paie 144,56 €. Avec le nouveau système, je vais devoir utiliser le bac du SIEOM de 120 litres, avec un forfait ”bac” de 51,34 €, plus un abonnement au service de 40 €. À ce tarif, pour 48 levées, on paiera 404,97 €, soit 160 € de plus… »
Toujours selon la grille distribuée, avec un bac de 120 litres, les 13 levées coûteront 148 €, puis 7,60 € la levée supplémentaire. Quant à l’utilisation hebdomadaire d’un bac de 660 litres, il vaudra mieux l’éviter, car la facture pourrait atteindre 1.085 €…
La collecte coûtera plus
Sauf que, comme le dit et le répète le président du SIEOM, la grille n’est pas la bonne, qui est volontairement pessimiste… « Mais dans tous les cas, ça m’étonnerait que le prix définitif soit ramené de 404 € aux 144 € que l’on paie aujourd’hui », insiste le retraité. « Cela veut donc dire que la collecte coûtera au final plus cher pour tout le monde. Je trie déjà mes déchets correctement, je suis allé au SIEOM chercher un bac à compost, et quand je sors mes poubelles, elles sont rarement pleines. Mais parfois, je reçois mes enfants et mes petits-enfants, alors il y a plus d’ordures. Dans ce cas je serai pénalisé. Comme mon voisin, qui ne vient que rarement, le sera, vu qu’il paiera pour 13 levées alors qu’il ne les utilisera pas. Et si on sort les poubelles moins souvent, il y aura aussi le problème des odeurs, déjà que nous sommes, à Ferrières, envahis par les chats errants… »
Dépotoir
Autre point d’inquiétude pour le retraité, partagé par bon nombre de Brayons : le risque de voir se multiplier les dépôts sauvages. « C’est déjà le cas autour des points d’apport volontaire, où l’on trouve des sacs d’ordures ménagères, ou encore dans le petit bois après l’usine Gervais-Danone qui est un vrai dépotoir…. »
D’un autre côté, la mise en place de la redevance incitative répond aussi à l’injonction gouvernementale, qui voudrait que les « pollueurs » soient les « payeurs ». À y réfléchir, il est aussi plus logique de faire payer l’enlèvement des ordures ménagères en fonction de la production des déchets plutôt qu’au mètre carré de surface habitable, comme c’est actuellement le cas. Mais si un célibataire plutôt aisé vivant dans une grande maison sera avantagé par le système, les familles nombreuses vivant dans de petits logements, elles, ne le seront certainement pas. Reste alors un dernier point, soulevé par le retraité de Ferrières : « Dans le cas de la téléphonie, je peux choisir mon opérateur, et aller au moins cher si je n’ai pas besoin de service. Le problème, c’est que pour l’enlèvement des ordures ménagères, je n’ai pas le choix. Le SIEOM impose sa volonté. Et ça, c’est anormal. »
Economies ?
• Parmi les pistes évoquées par le président du SIEOM pour permettre aux Brayons de faire des économies sur le nombre de levées, à l’heure de la mise en place de la redevance incitative, il y a la solidarité de voisinage.
« Les gens pourront s’arranger entre voisins pour ne sortir leurs poubelles qu’une semaine sur deux et la partager », a-t-il expliqué lors de la dernière réunion du syndicat. Une piste à creuser ?
• Comment va se passer la mise en place de la redevance incitative dans les immeubles collectifs ? Faute de place dans les locaux-poubelle, on n’imagine pas les bailleurs mettre une poubelle pucée à disposition de chaque famille. Du coup, comment responsabiliser, collectivement, les habitants ? Et serait-il normal de pénaliser les plus vertueux si certains ne jouent pas le jeu ?
• Si l’idée de la RI est que les gens sortent moins souvent les poubelles, ils devront aussi en baisser le volume ! Car on a pu le voir vendredi, rue de Ferrières à Gournay, que lorsqu’une levée est ratée, comme cela a été le cas cette semaine à cause du mauvais temps, la levée suivante est assez conséquente.