Dossier. Quelle place pour le vélo, au Havre ?

Quelle place pour le vélo au Havre ? Photo d'illustration Fotolia.

Quelle place pour le vélo au Havre ? Photo d'illustration Fotolia.


La Ville du Havre martèle son intention de développer les transports doux sur le réseau de la Porte Océane. Des plaquettes d’informations tout comme le plan « Le Havre à vélo » sont maintenant distribués, un comité de pilotage associant élus et usagers est constitué. L’objectif clairement affiché des élus de la municipalité est d’infléchir l’automatisme bien ancré de préférer la voiture au vélo, même pour des trajets très courts.

« D’ici 2020, au moins 5% des déplacements devront se faire à vélo », décrète aujourd’hui la municipalité du Havre qui annonce, à l’horizon 2014, le déploiement de 90 km de pistes cyclables contre 80, aujourd’hui, dans la ville.

D’ores et déjà, un certain nombre de services et d’infrastructures est développé par la municipalité. État des lieux en termes de location de vélos.

Où trouver des vélos ?

Vél’H, le dispositif de location de vélos sur une longue durée, initié par la Ville propose trois offres de location aux Havrais de plus de 18 ans.
– Le vélo classique : c’est gratuit (il vous faudra simplement déposer un chèque de caution).
– Le vélo à assistance électrique : 20 euros par mois.
– Le vélo pliant : 10 euros par mois. Ces vélos sont disponibles au point vélo installé dans le hall de l’Hôtel-de-Ville. Renseignements au 02 35 22 27 17.

LiA, le réseau de transports de l’agglomération du Havre, met aussi à disposition plus de 85 vélos de ville dont trois tandems. Des accessoires sont également proposés : paniers, sièges à bébé et antivols. La location est payante.
Cinq points de locations disposent de ces équipements :  les agences LiA de la rue René-Coty et de la Gare, l’Office de tourisme, Les Bains maritimes et le Funiculaire.
Et, tout au long de l’année, la Ville met gratuitement à la disposition des personnes handicapées des équipements adaptés (twinrider, vélo-fauteuil, hippocampe…). Les locations se font sur réservation. Deux points de locations sont proposés : du 1er mai au 30 septembre aux Bains Maritimes. Tél : 02 35 43 18 59. Et, du 1er octobre au 30 avril, au service handicap de la Ville au 02 35 19 44 33.

  • Le Code de la route s’adapte !

La municipalité du Havre, via une nouvelle réglementation, adapte le Code de la route pour une plus grande fluidité des vélos dans la ville. La Ville a aménagé des parcs à vélos sécurisés sur la voirie ou dans les parkings, accessibles à l’aide d’une carte magnétique délivrable au point vélo de la mairie, ainsi que deux stations de gonflages pour vérifier la pression des pneus.
Les zones 30 se multiplient aussi, ainsi que « le tourne à droite »
: le Code de la route autorise désormais les cyclistes – à certains carrefours et sous réserve de la priorité accordée aux autres usagers – de tourner à droite ou, s’il n’y a pas de voie à droite, d’aller tout droit alors que le feu est rouge.
Au Havre, quelques carrefours sont concernés par ce dispositif. Et, si l’expérimentation s’avère positive, elle sera généralisée.

« En avril 2013, entre les rues Maréchal Joffre et Jules Le Cesne, nous testerons, sur trois axes, l’autorisation des voies en sens interdit pour les vélos », annonce Luc Lemonnier, l’adjoint en charge des espaces publics.

  • L’avis du Comité de vigilance santé environnement

« Le problème de l’existant et des infrastructures dédiées au vélo au Havre, c’est que tout a été conçu sans concertation avec les usagers », estiment Jacky Maillard et Bernard Lebourg.

« Le problème de l’existant et des infrastructures dédiées au vélo au Havre, c’est que tout a été conçu sans concertation avec les usagers », estiment Jacky Maillard et Bernard Lebourg.


Jacky Maillard et Bernard Lebourg font partie du Comité de vigilance santé environnement (CVSE) Havre Estuaire (il est situé au 114 rue Jules-Siegrfried, au Havre. Tél. 06 60 70 64 72), et, à ce titre, ils font également partie de la commission sur l’usage du vélo au Havre mise en place par la mairie. « Une commission composée d’une douzaine de personnes de la Ville, des associations et des simples usagers, qui se réunissent tous les deux ou trois mois », expliquent-ils. « Le problème de l’existant et des infrastructures dédiées au vélo au Havre, c’est que tout a été conçu sans concertation avec les usagers », regrettent-ils.

Ils déplorent une incohérence dans certains aménagements : « Une discontinuité des pistes cyclables, un tracé extrêmement brouillon. Les pistes sur les trottoirs n’ont pas été pensées pour les usagers. Même le tramway n’a pas été vraiment conçu pour prendre des vélos alors qu’on avait pourtant présenté la chose ! Et le gros point noir reste la liaison entre ville basse et ville haute. Nous aurions préféré moins, mais mieux. On nous écoute, mais on ne nous entend pas. »

Rien ne va donc pour les membres du CVSE ? « Il y a une volonté d’expérimenter qu’il n’y avait pas avant et les responsables reconnaissent plus facilement qu’auparavant les mauvaises initiatives », admettent-ils, néanmoins.
Luc Lemonnier, le nouvel adjoint au maire du Havre, chargé des espaces publics, prend de fait part à ce comité de pilotage initié par la municipalité pour permettre une meilleure réflexion sur les pratiques du vélo en ville, entre usagers, élus et directeurs des services.
À ses yeux, le comité est là pour s’inscrire dans la durée :

« Depuis quelques années, on se réoriente vers une pratique populaire du vélo. Mais les degrés et les modes de pratique sont différents d’un individu à l’autre. Il faut donc favoriser le dialogue, pour la mise en place de réponses adaptées. »

L’adjoint espère ainsi pouvoir accélérer le rythme des rencontres pour favoriser l’échange, « au moins une fois tous les deux mois ».

  • Le collectif Vélorution, c’est quoi ?

« On considère plus le vélo comme un piéton que comme un moyen de transport » Depuis près de deux ans, le collectif Vélorution réunit, au Havre, des cyclistes de tous âges et de tous horizons. Leur but est d’utiliser le système de la « masse critique » pour défendre une idée : combattre l’hégémonie de la voiture dans les villes et promouvoir l’usage du vélo.

« Au Havre, le vélo est encore considéré comme un piéton et les aménagements se font au détriment des voies piétonnes, et non des voies destinées aux voitures », commente Maxime, membre de Vélorution.

La structure défend le principe que le vélo doit faire partie de la route et être un moyen de transport comme un autre. Pour déployer ses actions de promotion, le collectif propose des « carto-parties » dont le but est de tester les différents équipements dédiés au vélo. « L’idée est de faire des relevés de terrain des pistes cyclables pour les mentionner sur une carte collaborative. L’idée est aussi de pointer du doigt certaines incohérences… », explique Maxime.
Parmi celles-ci, ces pistes qui finissent en queue de poisson, comme celle du boulevard de Strasbourg « qui s’interrompt, on ne sait où quand elle n’est pas occupée par une voiture en stationnement !»
Vélorution promeut le vélo comme un remède contre le bruit, la pollution, le mieux vivre d’une manière globale. La prochaine Vélorution aura lieu le 6 avril et la prochaine carto-party, le 28 mars, à 18h15, au départ du Monument aux morts. Plus d’infos sur www.lh-velorution.fr

  • Et vous, que pensez-des pistes cyclables au Havre ?
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