Rouen. Les éducateurs manifestent au Conseil général

Les éducateurs font par de leur mécontentement dans le fracas

Les éducateurs font part de leur mécontentement dans le fracas


Mardi 26 mars 2013, les travailleurs sociaux – pour dénoncer la réduction de leur budget – se sont donné rendez-vous devant le Conseil général de Seine-Maritime, justement réuni pour discuter du financement des licenciements qui résultent de la réduction de 50% de l’enveloppe allouée à la prévention spécialisée, votée le 18 décembre 2012, et qui menace la profession des éducateurs de rue, qui travaillent auprès des jeunes et des populations marginalisées. (Notre article)

74 licenciements liés à cette décision

Lundi 18 mars 2013, quatre associations de Prévention spécialisée de Seine-Maritime avaient tenté un référé devant le tribunal administratif de Rouen, contre cette délibération, mais elles ont vu leur requête rejetée au motif que l’argument concernant le montant de l’enveloppe dédiée à la prévention spécialisée « n’était pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération en litige ».
Les neuf associations concernées dans le département estiment aujourd’hui à 74 le nombre de licenciements directement liés à cette décision. C’est pourquoi, mardi 26 mars, ces travailleurs sociaux ont investi l’entrée principale du Conseil général, dès 8h30, dans un grand fracas. Casseroles, timbales et tam-tams étaient de sortie pour faire le plus de bruit possible. Les manifestants ont annoncé leur intention de rester sur place jusqu’au soir.

« Une hérésie sociale »

Fabien Caron travaille pour l’Aspic (Association Stéphanaise de Prévention Individuelle et Collective) de Saint-Étienne-du-Rouvray. Il n’est pas personnellement touché mais veut se battre pour ses confrères.

« Ce vote est une hérésie sociale. Le Conseil général se réunit aujourd’hui pour trouver comment financer les licenciements. Il ferait mieux d’utiliser cet argent pour payer de nouveaux éducateurs.»

Pour lui, l’interrogation réside désormais dans la désertion de l’action sociale dans les zones difficiles. « Qui il y aura maintenant dans les quartiers ? La police ? Ce ne sera pas la meilleure solution », soutient-il.

« Cette décision met en danger l’existence même des associations concernées »

 

Nathalie Nail, vice-présidente du Conseil général de Seine-Maritime (PCF) et conseillère municipale du Havre, estime, qu’il s’agit « d’une bien triste publicité pour le Département de Seine-Maritime ». « Suite à cette décision budgétaire incompréhensible, il est sûr que toutes les associations de prévention spécialisées vont se retrouver en grande difficulté de gestion, et pas seulement de manière temporaire », dénonce-t-elle.
« Cette décision induit de fait la suppression de 74 emplois d’éducateurs. Elle met en danger l’existence même des associations concernées et leur action auprès des publics alors même qu’il est précisé dans votre rapport, monsieur le président, que l’action de ces associations présente un intérêt que chacun s’accorde à reconnaître. Par les actions des associations de terrain, la prévention spécialisée peut permettre de prévenir la marginalisation et faciliter l’insertion, la promotion sociale des jeunes et des familles qui en ont besoin. En Seine Maritime, jusqu’alors, elle combinait approche territoriale et approche publique auprès des adolescents et jeunes adultes, prioritairement de 11 à 25 ans et des familles en voie de marginalisation », insiste-elle. Son intervention en intégralité, ici.

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