Marc-Seguin s’ébauche avec les habitants

Depuis qu’on leur a présenté une feuille blanche de 10 hectares en mai 2012, les habitants de l’atelier urbain citoyen, accompagnés par le maire et un cabinet d’experts, tracent les contours du futur îlot Marc-Seguin. Déjà, une ébauche se dessine à l’issue de la séance de l’atelier tenue le 19 mars. Intégrer un "bout" de quartier au reste de la ville… tel est, sans nul doute, le maître mot qui guide, depuis mai dernier, les participants de l’atelier urbain citoyen et les représentants de la Ville. Une intégration qui passe par le tracé de la voirie qui raccordera la future extension urbaine, mais aussi par le style architectural et l’agencement des nouveaux bâtiments qui matérialiseront, bientôt, le vaste rectangle de terrain, compris entre la voie ferrée et la rue de Paris, la rue Marc-Séguin et la rue de la Marquette.
Prenant en compte les inquiétudes des habitants de voir s’élever de façon abrupte des bâtiments plus hauts que la moyenne du secteur, "le principe de gradation" a été défendu par l’atelier et adopté par le cabinet d’experts : ainsi, ce sont principalement des maisons individuelles qui seront construites en lisière de périmètre, puis progressivement des bâtiments de deux étages, d’une hauteur ne dépassant pas les 10 mètres. Enfin, quatre à cinq unités d’immeubles de trois étages prendront place au cœur du quartier et le long des voies ferrées. À noter : une large bande végétale est cependant prévue pour isoler les habitations des voies.
Complémentaire de cet agencement progressif, c’est aussi la continuité du style architectural qui aura vocation à assurer une transition en douceur, de l’ancien au nouveau quartier. Très attachés à la question, de nombreux participants à l’atelier ont en effet insisté pour que le style stéphanais soit respecté. Un équilibre devra donc être trouvé pour que l’architecture intègre les caractéristiques du centre bourg, tout en ayant sa propre identité et tout en permettant d’atteindre le bon niveau de densité de peuplement.
Sujet sensible par excellence, la question de la densité a suscité de nombreux débats. Attachés, au départ, à l’idée de maintenir "l’esprit village" du centre bourg, les riverains ont petit à petit accepté l’idée que la ville de demain ne pourra pas être aussi consommatrice d’espace que celle d’aujourd’hui. Ils ont aussi pris conscience des enjeux financiers liés à la densité, comprenant qu’il ne serait pas raisonnable de plaider pour un quartier pavillonnaire. "J’aurais souhaité, comme on l’avait établi au départ, qu’il n’y ait pas plus de 35 à 40 logements par hectare, explique ainsi Claudia Coty, habitante du Bic Auber, car il ne faut pas que les gens soient les uns sur les autres, mais, ensuite, il est évident que les chiffres vont compter… il faut que les promoteurs s’y retrouvent et puis, plus il y a de logements, plus il y aura de rentrées fiscales pour la commune."
Au final, selon les deux hypothèses de travail présentées le 19 mars par la SCET (société de conseil expertises auprès des territoires), le futur îlot Marc-Séguin devrait accueillir entre 216 et 246 logements, soit une densité comprise en 43 et 50 logements par hectare. Un peu au-dessus de la moyenne stéphanaise qui s’établit entre 35 et 40.
Dernier point clé, à ce stade de la réflexion, l’accès au quartier et la circulation en son sein ont aussi fait l’objet d’importants échanges. Préoccupés par les répercussions sur le trafic, générées par la création de nouveaux logements – et éventuellement l’implantation d’une halte de tram-train – les participants se sont montrés très vigilants sur le dessin des nouvelles rues, sur les sens de circulation, pour les voitures, les bus et les vélos, ou encore sur les places de stationnement prévues.
Le tracé vers lequel on se dirige prévoit ainsi une entrée dans le quartier par le carrefour des Coquelicots et la rue Marc-Séguin, puis la création d’une nouvelle voie, d’abord parallèle à la rue de Paris avant de la rejoindre via la rue de la Marquette. Si cette configuration offre la possibilité d’alléger la circulation rue de Paris, entre la Mère Michel et le rond-point des Coquelicots, reste que ce tronçon continue d’inquiéter les riverains… "Il faudra regarder de près quelles sont les dispositions réglementaires et techniques qu’on peut mobiliser pour aménager ce segment”, a reconnu le maire Hubert Wulfranc.
Les mois qui viennent seront mis à profit pour préciser les contours routiers et immobiliers de ce nouveau morceau de ville, dont la première tranche devrait sortir de terre en 2016.

Isabelle Friedmann

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