Le maire avait annoncé sa volonté d'engager la réforme des rythmes scolaires dès 2013. Avant de transmettre un avis au directeur académique des services de l'éducation nationale (Dasen) qui, au final, décidera de l'organisation quotidienne et hebdomadaire de l'école, Hubert Wulfranc a proposé un débat sur la question lors du conseil municipal du 28 mars.
En préambule, le premier adjoint, Joachim Moyse, a rappelé que la Ville avait notamment fondé sa réflexion au vu de l'expérience acquise depuis la mise en place des espaces éducatifs périscolaires, les Animalins, en 2010. Ces derniers ont ainsi donné lieu à une convention originale entre la Ville, l'Éducation nationale et la Caf avec pour objectif de réduire les inégalités liées aux temps libérés des enfants. L'élu a aussi insisté sur l'intérêt pour Saint-Étienne-du-Rouvray de bénéficier d'une aide financière prévue – en 2013 – par le biais d'un fonds d'amorçage mis en place par l'État. "Consultés, les conseils d'écoles ont émis à une courte majorité, la volonté de placer la demi-journée supplémentaire le mercredi matin. Comme les 615 familles interrogées par les parents d'élèves et comme le groupe de travail mis en place dans le cadre du Projet éducatif local. En revanche, une grande diversité de propositions d'organisation quotidienne nous ont été remontées. Il n'a pas été possible de dégager un scénario préférentiel", a ainsi rapporté Joachim Moyse.
Le conseil municipal a voté à la majorité (moins une abstention et deux non participation au vote) l'organisation suivante : de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 15h45 les lundi, mardi, jeudi et vendredi et de 8h30 à 11h30 le mercredi matin. Les horaires de trois écoles maternelles (Rossif, Sémard et Robespierre) seront décalés d'un quart d'heure afin de permettre aux familles de s'organiser dans le cas d'une fratrie en élémentaire et maternelle. Les Animalins ouvriront dès 7h30 et de 15h45 à 18 heures. Le mercredi midi, un service de restauration scolaire sera accessible aux enfants inscrits en centre de loisirs municipal. Enfin, un comité de suivi et d'évaluation va être mis en place.
Prenant la parole pour le groupe socialiste, Rémy Orange, adjoint aux affaires scolaires, a rappelé que cette réforme – "au coût important pour nos finances… mais dont le jeu en vaut la chandelle" – n'était qu'un des aspects d'une réflexion plus vaste lancée par le gouvernement. Évoquant les créations de postes : "cela va déjà se traduire à la rentrée prochaine très concrètement dans les 19 écoles de la ville au niveau de la carte scolaire. Aucune fermeture de classe n'est envisagée, une ouverture est pressentie en élémentaire Jean-Macé, un maître en surnuméraire en élémentaire Henri-Wallon et un poste d'accueil pour les moins de trois à la maternelle Wallon".
De son côté, Michèle Ernis au nom de Droits de cité a avoué être "très mal à l'aise dans cette discussion". "Même si je trouve génial le travail mené au sein des Animalins, je suis contre cette réforme des rythmes scolaires… Attention à ne pas détricoter le service public de l'Éducation nationale avec une prise en charge des enfants à l'extérieur de l'école." Pour l'UMP, Samir Bouzbouz a réclamé "une évaluation de la réforme au bout de deux ans".
Les communistes par la voix de Fabienne Burel ont regretté que "l'école ne parvienne plus à dissiper les inégalités territoriales et sociales". "La refondation de l'école doit être une ambition vitale pour le pays et pour la Ville, elle doit être pensée pour les enfants qui n'ont que l'école. Elle doit être réfléchie, concertée et financée par l'État. Le contenu n'est pas, en l'état, satisfaisant. Les élus communistes lancent un appel pour poursuivre avec audace la refondation de l'école républicaine."