(fil-fax 29/03/13)
Les premières réunions publiques de présentation de la future ligne de transport en commun Arc Nord – Sud de l’agglomération de Rouen (CREA) vont débuter pendant le mois d’avril, révélant les premières esquisses de l’armature du réseau à l’horizon 2020, a annoncé jeudi le président de la CREA, Frédéric Sanchez (PS). L’Arc Nord Sud sera une ligne de bus à haut niveau de service sur 8,5 km desservant la partie ouest du cœur de Rouen, jusqu’ici délaissée par les transports en commun. Sur la rive gauche de la Seine, il traversera des quartiers en mutation, le futur eco-quartier Flaubert, l’avenue Jean-Rondeaux, le carrefour des Chartreux et le parc des Bruyères. Rive droite, la nouvelle ligne empruntera les boulevards (Yser, Marne, Belges) qui seront totalement remodelés. Sur la totalité de l’itinéraire, l’Arc Nord Sud desservira une zone de 150.000 habitants avec une fréquence de passage de 6 minutes aux heures de pointe. La fréquentation devrait être de 20.000 passagers/jour, chiffre atteint par chacune des lignes de TOER, le tramway transportant jusqu’à 40 à 50.000 passagers/jour.
Après la première phase de concertation, les études d’avant projet seront réalisées en 2014 avec un enquête publique programmée pour 2015. Si le calendrier est respecté, les travaux démarreront en 2016 pour une mise en service en 2017 ou 2018. Le coût des travaux est évalué entre 65 et 80 M€ en infrastructures et entre 10 et 18 M€ pour le matériel roulant qui sera le modèle de bus le plus performant sur le marché lors de la mise en service.
La création de cet arc vise à modifier l’organisation des transports en commun dans le centre de Rouen qui, jusqu’à présent converge vers le Théâtre des Arts, que ce soit le tramway ou les lignes TEOR. La modernisation de la ligne 7 à l’est du centre historique a permis la création d’un deuxième pôle d’échange place de l’hôtel de ville. Au-delà de l’échéance 2020, le réseau de transports en commun sera complété sur la rive gauche par une ligne est-ouest qui partira de la future gare Saint-Sever prévue dans le projet LNPN (Ligne nouvelle Paris Normandie) pour traverser l’éco-quartier Flaubert et rejoindre le pôle d’échange du Mont-Riboudet (Palais des sports, Docks 76) sur la rive droite en empruntant le pont Gustave-Flaubert.
« Nous voulons multiplier les points d’échange dans la zone la plus dense de l’agglomération. Dans les dix années à venir, nous passerons d’un dispositif en étoile à un maillage central », prévoit Frédéric Sanchez (PS). « Structurer l’espace urbain et solliciter les comportements des habitants », sont les deux objectifs de la CREA, qui affiche une volonté de changement de la mobilité dans le centre de l’agglomération de Rouen.
Le maire de Rouen, Yvon Robert (PS), l’illustre avec les aménagements des boulevards qui ne seront plus « des autoroutes urbaines » et des carrefours emblématiques (Cauchois, Gare, Beauvoisine) qui ne seront plus seulement des « carrefours à voitures » mais aussi des « lieux piétonniers ».
Des voies réservées en projet
Est-ce l’effet Mathilde ? La fermeture du principal franchissement routier de la Seine à Rouen vécue comme une catastrophe par les usagers et les élus, s’avère être un accélérateur de projets pour les transports en commun. D’autant que si les lignes en site propre (tramway, TEOR, 7) ont enregistré un bon de fréquentation, le réseau traditionnel souffre étant englué dans le trafic automobile. La tentation d’expérimenter les voies réservées aux bus était forte : elle a été mise en œuvre pour les lignes desservant les plateaux Est (Bonsecours, Mesnil-Esnard) et sera poursuivie. Même chose à la rentrée de septembre vers Amfreville la Mivoie (CD 6015) sur 1,3 km. Dès la réouverture du pont Mathilde à l’été 2014, les quais haut rive droite seront en voie réservée pour les bus.
Pour les salariés des entreprises, administrations ou associations d’entreprises, ayant conclu un Plan de Déplacement, la CREA va prendre en charge 20% de l’abonnement au lieu de 15%, l’employeur devant prendre en charge 50%.