Pas de temps mort pour les rhumes : voilà le rhum des foins qui arrive (©Fotolia).
Ne rangez pas écharpes et bonnets pour les troquer contre des lunettes de soleil : le printemps n’est pas encore là. Après l’épisode neigeux qui s’est abattu sur la Seine-Maritime du 10 au 14 mars dernier, les températures peinent à remonter.
« L’épisode de mars peut être qualifié de record car il est rare qu’il neige en cette période de l’année. De plus, les valeurs enregistrées sont exceptionnelles pour notre département : de 10 à 15 cm de neige dans les campagnes et jusqu’à 30 cm dans le Pays de Caux », indique le centre départemental de Météo France.
La fraîcheur persiste
Mais le froid n’est pas derrière nous car les températures demeurent fraîches et peinent à remonter :
« Pour ce début du mois d’avril, elles devraient stagner autour de 10°, soit 4° en dessous des normales saisonnières. » Le printemps n’est pas encore à nos portes, mais ce retard évitera peut-être les changements brutaux de l’an passé : « En mars 2012, les températures avaient grimpé en mars, puis chuté en avril, entraînant du gel.»
Il faut donc s’armer de patience et croiser les doigts pour que le soleil décide de s’installer dans nos contrées. Espérons que, suite à cet épisode neigeux qui fera date, la neige cessera de s’inviter en Seine-Maritime: « Il y a déjà eu des épisodes de neige en avril ou mai dans notre département. Le 12 avril 1978, la neige, tenant au sol, était tombée au Cap de la Hève. Le 5 mai 1979 également, mais sans tenir particulièrement. » Pourtant, si l’on en croit le dicton, les Haut-Normands n’ont pas passé Noël au balcon : quel étonnement alors de passer Pâques au tison ! Et puis, pour rester dans les adages, même si en avril, nul ne se découvre d’un fil, les plantations attendent, elles, que le soleil tombe un peu la chemise.
Et les plantes dans tout ça ?
Entretien avec Albéric Levain, Direction des espaces verts de la Ville du Havre
Suite aux récentes intempéries, la nature a pris du retard. Comment cela se manifeste-t-il ?
Il suffit d’observer les arbres dans la rue pour constater que les bourgeons sont là, mais que les feuilles peinent à sortir. Il y a environ 10 à 15 jours de retard sur le rythme habituel. Les massifs fleuris sont aussi en retard.
Les parterres de la ville devraient déjà afficher les belles couleurs des narcisses. Quand les fleurs vont-elles enfin embellir les jardins ?
Les narcisses sont en retard. De même pour les pensées et les primevères qui sont moins développées que d’habitude à cette période. Les tulipes, quant à elles, n’ont que leurs feuilles. Ce décalage en terme de floraison est lié à l’absence de chaleur, mais aussi au manque de luminosité. En effet, les plantes ont besoin de lumière pour se développer : les alternances entre le jour et la nuit régulent la croissance de végétaux. Cette année, la lumière est rare et les effets s’en ressentent sur les plantes, comme sur les humains !
Quelle est la physionomie des jardins suspendus, actuellement ? Les plantes ont-elles souffert du froid ?
Comme dans tous les jardins, les arbres ne verdissent pas et la floraison est décalée. Pour l’heure, nous n’avons pas encore tiré de bilan des conséquences des récentes intempéries sur les plantes du site. Il est possible que certaines n’aient pas résisté ou qu’elles soient en panne de croissance. Pour le reste, l’enrichissement des jardins continue. Quant aux plantes sous serre, le temps n’a, bien sûr, pas eu d’effets sur elles.
- Infos pratiques :
Les Jardins Suspendus, rue du Fort au Havre
D’avril à septembre, les jardins sont ouverts tous les jours de 10h30 à 20h
Des jaseurs qui font jaser !

- Le jaseur boréal, une espère rare dans nos contrées (©F. Deschandol / Ph. Sabine)
Huit jaseurs boréaux en provenance du nord de la Scandinavie ont élu domicile depuis la fin du mois de février sur la place Sainte-Cécile, au Havre : « Ils ont été repérés le 20 février et ne devraient plus tarder à partir pour gagner leurs zones de reproduction », indique Yannick Jacob, membre du Groupe Ornithologique Normand (GONm). C’est exceptionnel que de telles espèces soient repérées dans nos régions :
« Des jaseurs ont également été vus en Bretagne et en Espagne. Ces migrations sont probablement liées aux bonnes conditions de nidification (beaucoup de jeunes oiseaux à l’envol), auxquelles s’ajoutent un manque de baies (leur nourriture) et des conditions météorologiques difficiles. »
Pourtant, des oiseaux en provenance de Scandinavie, voilà qui interpelle, surtout après les intempéries qui viennent de s’abattre sur notre région : « Pour moi, la météo locale n’explique pas leur venue. D’ailleurs, les jaseurs étaient là avant l’épisode neigeux. Je pense que si explication climatique il y a, elle est plus à chercher du côté des conditions météorologiques dans le nord de l’Europe », précise Yannick Jacob.
Les chants printaniers des merles et des grives
Alors que des oiseaux atypiques viennent visiter la région, qu’en est-il de nos habituels compagnons de printemps ?
« À cette saison, en ville, on entend les premiers chanteurs. Merles, grives et mésanges commencent à se faire entendre. On peut aussi croiser des tarins des Aulnes.»
Yannick Jacob attire l’attention sur la présence en ville de nombreuses espèces :
« La bio-diversité urbaine est sous-estimée. Au Havre, on peut observer et croiser des oiseaux là où on ne les attend pas. Par exemple, près de la place Jenner, on entend actuellement des mésanges noires, alors que ces oiseaux sont inféodés aux grandes forêts de résineux. La ville peut donc constituer une halte en migration pour bon nombre d’espèces. »
Si l’Estuaire de la Seine a la cote en matière d’observation d’oiseaux, la ville recèle aussi de trésors naturels et, en ouvrant les yeux et les oreilles, vous pourrez contempler plumages et becs colorés.