L’épidémie de gale progresse en Haute-Normandie

(fil-fax 06/04/13)

L’Agence Régionale de Santé (ARS) de Haute-Normandie va lancer dans les semaines à venir une campagne de sensibilisation du public autour de la gale. L’incidence de cette infection invalidante mais bénigne est en forte augmentation en France depuis le début des années 2000.

Longtemps considérée comme honteuse, la gale est provoquée par un acarien invisible à l’oeil nu : le sarcopte. La transmission du parasite s’effectue directement par contact humain. La femelle creuse des galeries dans la couche superficielle de la peau et y pond ses oeufs. C’est la salive du parasite qui provoque d’intenses démangeaisons. « L’augmentation de l’épidémie est très nette depuis deux ou trois ans », explique au CHU de Rouen le dermatologue Xavier Balguerie. Les raisons de cette recrudescence ne sont pas clairement identifiées. Cependant les professionnels de santé soulignent plusieurs difficultés qui peuvent expliquer cette augmentation du nombre de cas (+10% par an, 215 enfants de moins de 16 ans sérieusement touchés en 2 ans au CHU). Sur le plan médical, le traitement par voie générale (un cachet en une seule prise) n’est à lui seul efficace que dans 70% des cas. Le traitement externe (lotion) qu’il faut lui adjoindre rencontre tout d’abord des problèmes d’approvisionnement. En début d’année, l’ARS a lancé une alerte sanitaire sur une pénurie d’ASCABIOL® lotion pour application locale (benzoate de benzyle, sulfiram) du Laboratoire Zambon France depuis le 23 novembre 2012. Des solutions permettant une reprise de la production et de la commercialisation de l’Ascabiol sont « en cours d’examen », précise l’ARS (*). Le médicament n’est par ailleurs pas remboursable. « Là on a un vrai problème quand il faut compter environ 50 € le traitement pour une famille de 4 à 6 personnes c’est un vrai souci », remarque le médecin. Le tout dans un contexte où « un quart des dermatologues sont partis en retraite et ne sont pas remplacés ». Autre difficulté, « la maladie qui ne peut en aucun cas se guérir toute seule joue au ping-pong dans les familles recomposées ». Un enfant débute son traitement mais, par négligence ou par ignorance, ne le poursuit pas le week-end chez son autre parent. Le facteur de propagation est tel que toutes les collectivités sont touchées. Les écoles, les crèches, les PMI, les centres de loisirs et d’une manière plus inattendue les maisons de retraites où les personnes âgées sont moins sensibles aux démangeaisons.

Rouen en première ligne

La première campagne de sensibilisation débutera en avril sur les Hauts de Rouen en partenariat avec l’atelier santé ville de Rouen, le Département de la Seine-Maritime, le rectorat. Les médecins et pharmaciens du quartier remettront aux patients un guide des bonnes pratiques en cas de diagnostic confirmé. La radio HDR diffusera le vendredi 12 avril de 11 à 12h (99.1) une émission consacré au sujet. Des documents d’information seront distribués dans les collectivités.

(*) http://www.urml-oi.net/ARS/2013-ARS/20310121-ascabiol.html

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut