(fil-fax 23/04/13)
Depuis début avril les postiers peuvent apporter leur pierre à la construction du plan stratégique 2013-2018 du Groupe La Poste. En Haute-Normandie, réunis en ateliers de travail, plus de 1.100 postiers sur 5.500 avaient participé à la mi-avril à la démarche participative. La consultation est ouverte jusqu’à la fin du mois de mai. Le nouveau plan stratégique est attendu pour l’été. La démarche répond au souhait des postiers, exprimé en 2012 lors du “Grand Dialogue“, d’être associés à la définition de la stratégie de leur entreprise. L’identité de l’entreprise, ses transformations réussies depuis 10 ans, ses atouts et les opportunités auxquelles le Groupe est confronté sont dans un premier temps étudiés. Les volontaires peuvent aussi s’exprimer sur les faiblesses ou les menaces qui fragilisent à leurs yeux l’entreprise Poste. Parmi les “transformations réussies“ présentes dans un premier questionnaire, les agents ont à classer par ordre de préférence la réussite à l’international, la modernisation de l’accueil des clients, le développement ou l’intégration de nouvelles activités comme l’arrivée de la téléphonie. Une seconde étape consiste à échanger, la plupart du temps sur des questions fermées, sur les défis que le Groupe doit relever d’ici 2018 et sur les leviers d’action pour y parvenir. Les postiers sont interrogés sur la relation client de demain, sur leur bien être au travail ou sur les innovations numériques.
L’entreprise étend également la consultation aux élus et membres de l’observatoire national de la présence postale et aux associations de consommateurs. Sur la forme, Christian Migraine, maire de La Mailleraye-sur-Seine et président de la Commission départementale de présence postale territoriale de Seine-Maritime apprécie le « changement de style ». « Nous sommes de moins en moins dans une culture du conflit et de plus en plus dans une culture de consensus. Les élus sont bien inclus aux travaux et la peur de la perte du service public a disparu », explique-t-il. Sur le fond, Christian Migraine témoigne de la volonté des élus de « ne pas laisser à la traîne le monde rural ».
L’exercice a ses limites
Dans un contexte où le trafic courrier diminue fortement, l’initiative est en revanche accueillie avec frilosité au centre de tri du Madrillet à Saint Etienne-du-Rouvray (330 agents). « Le Grand Dialogue n’a pas donné grand chose et pour rendre La Poste plus compétitive la direction va continuer à supprimer des emplois », juge Jean-Marie Feret pour le syndicat Sud. Les agents du centre de tri sont en conflit avec leur direction depuis 2011 notamment sur des questions d’horaires. Des grèves affectent depuis l’acheminement du courrier le week-end, assure le syndicaliste. Une demande d’expertise sur les conditions de travail sur le site est en cours. Le TGI de Rouen tranchera sur le bien fondé de cette demande le 16 mai.