Les services de l’Etat sont appelés à « mouiller la chemise » pour le Contrat de génération

(fil-fax 23/04/13)

Trois couples – un junior, un senior – et leur entreprise ont signé lundi matin à la préfecture à Rouen trois des premiers Contrats de génération de Haute-Normandie, l’un des dispositifs du Pacte de compétitivité. Le principe est de favoriser par une aide financière le maintien dans l’emploi d’une personne de plus de 57 ans (55 ans en situation de handicap) si l’entreprise embauche en CDI un jeune de moins de 26 ans (30 ans en situation de handicap).

La contribution de l’Etat s’élève à 4.000 € par binôme pendant trois ans, soit 2.000 € pour le jeune et autant pour l’ancien. L’objectif est d’apporter un remède à « deux grands dysfonctionnements » du marché du travail : le faible taux d’emploi des seniors, la précarité et les difficultés des jeunes à entrer dans la vie active. Manifestement, les consignes adressées aux services de l’Etat en région sont celles de la mobilisation. Devant les signataires des contrats et un parterre d’acteurs économiques et de représentants institutionnels, le préfet de Région, Pierre-Henry Maccioni, a donc appelé à utiliser ces Contrats de génération qui contribuent « à changer notre regard sur le monde du travail : faire confiance aux jeunes avec la garantie de l’Etat ». « Tous les acteurs doivent être mobilisés », a relayé le préfet en s’adressant aux réseaux consulaires, aux branches professionnelles, aux OPCA (collecteurs des fonds de la formation professionnelle), aux Missions locales, aux PAIO, à l’APEC… Du côté des services de l’Etat, il faudra « mouiller la chemise et aller sur le terrain. Je le rappellerai quitte à être lourd » a averti le préfet. « Nous devons être irréprochables ». On comprendra l’insistance des services de l’Etat en rappelant que d’autres dispositifs comme le CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité) est peu employé alors qu’il est opérationnel, assure la préfecture.

La conclusion d’un contrat de génération se veut très simple – deux feuilles à remplir -, avec « aucun contrôle à priori » et uniquement a posteriori d’une manière aléatoire. Manifestement, les participants à la séance de signatures avaient été convaincus. Le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Seine-Maritime, Dominique Moulard, compte sur cette « belle opportunité » pour aider à la transmission d’entreprises artisanales confrontées au vieillissement : plus de la moitié des 15.000 artisans de la Seine-Maritime va passer la main dans les 10 ans.

Pour les trois entreprises signataires de contrats, c’est autant une affaire de génération qui a vingt à vingt-cinq ans de présence, qui va partir, que la nécessité de transmettre des savoir-faire, qui a pu les convaincre d’utiliser le contrat. L’aide des 4.000 € sur trois ans est aussi un « coup de pouce » pour passer d’un emploi en CDD ou apprenti à un CDI. C’est le cas des transports Jourdain à Gruchet-le-Valasse qui a embauché Damien, 25 ans, qui venait de valider ses permis par un stage en entreprise. Deremaux à Aumale (16 salariés, 2 apprentis) est « en plein renouvellement de l’effectif ». Dans cette entreprise familiale d’usinage de pièces mécaniques, se mêlent les nouvelles technologies et les connaissances maison. « Nous sommes en plein renouvellement de l’effectif », explique Stéphane Deremaux qui vient d’embaucher Nicolas, 24 ans. L’entreprise Jacques-Dubois à Barentin tricote le métal pour l’aéronautique avec 35 salariés et vient d’embaucher Julien, 25 ans : « Le grand challenge, c’est la transmission du savoir », assure à son tour, son directeur.

• Renseignements : www.contrat-generation.gouv.fr

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