(fil-fax 24/04/13)
En plein débat national sur la Transition énergétique, RTE (Réseau de transport d’électricité) vient rappeler son rôle dans l’aménagement du territoire. C’est particulièrement vrai en Normandie, région de forte production d’électricité (nucléaire et à flamme) où sont en préparation la construction de champs éoliens offshore au large de Fécamp et de Courseulles-sur-Mer. Le raccordement entre le producteur et le réseau de distribution sera un important chantier pour RTE. Pour le champ de Fécamp il faudra construire 17 km de câbles sous-marins, 31 km à terre, pour acheminer l’électricité jusqu’aux lignes à haute tension qui zèbrent déjà le pays de Caux.
Avant de mettre en service ces nouveaux réseaux d’ici à 2017, RTE poursuit sa politique d’investissement à hauteur de 45 M€ en 2013 en Haute-Normandie, après 18 M€ en 2012. « Nous anticipons les évolutions du paysage énergétique, explique Gaëtan Desquilbet, directeur régional RTE – Normandie Paris, car « sans développement du réseau de transport pour raccorder les énergies renouvelables au réseau national, les nouvelles sources d’énergies (hydrolien, éolien, photovoltaïque) tourneraient à vide ». RTE attend aussi du débat sur la transition énergétique une évolution de la législation sur la construction des lignes, trop lourde, qui allonge les délais de réalisation, jusqu’à 8 ans, ce qui est « incompatible » avec le besoin de réactivité des producteurs. « On plaide pour la simplification administrative, un allègement du mille-feuilles des procédures », fait savoir Gaëtan Desquilbet.
En attendant de confirmer sa place de région productrice, la Haute-Normandie continue d’être une consommatrice « avec les mêmes ratios que la France continentale » que ce soit pour l’industrie, les activités tertiaires ou le résidentiel. En 2012 avec des températures plus froides qu’en 2011, la consommation régionale a augmenté de 1,1% soit 16,2 TWh, une évolution inférieure à celle de la France (+2,1%). Si la consommation des ménages et des professionnels a augmenté en raison du froid du début 2012, celle des PME a stagné en Haute-Normandie (+0,2%) alors qu’elle a baissé en France (-1%). En revanche, la grande industrie est en recul de 6%, conséquence de la crise, « et non des économies d’énergie », regrette le directeur régional de RTE. En Haute-Normandie la baisse est de 6% avec un rythme de -4% annuel depuis 2009.
Du côté de la production, la production électrique d’origine nucléaire est en baisse de 9,5% en raison d’une prolongation de la durée de l’arrêt programmé des groupes nucléaires de Paluel et Penly. Le parc photovoltaïque est en forte augmentation (+30%) mais sa part reste infime alors que l’éolien – encore exclusivement terrestre en Haute-Normandie – augmente plus marginalement, de 6,3%.