L’abbaye, l’atout patrimonial que Montivilliers veut mieux valoriser

(fil-fax 25/04/13)

Exposition, conférence, lecture-spectacle : Montivilliers met Diderot à l’honneur en fêtant dans l’abbaye le tricentenaire de sa naissance (jusqu’au 5 mai). L’occasion de sortir de ses réserves des ouvrages anciens, tel le mystérieux manuscrit illustré des Promenades de Cléobule, ou Promenades du sceptique (1747), dont le manuscrit original aurait été perdu, saisi par la police ou brûlé par Diderot par crainte du scandale.

Le visiteur verra également, exposées dans le réfectoire de l’abbaye, quelques pages de l’édition originale de l’Encyclopédie, conçu par Diderot et d’Alembert pour « assembler les connaissances éparses sur la surface de la terre ». Le Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers a été publié avec succès entre 1751 et 1772. Le musée de l’Horlogerie de Saint-Nicolas d’Aliermont et le musée Flaubert de Rouen ont prêté quelques pièces d’époque.

Cette petite exposition est surtout l’occasion de revisiter l’abbaye, totalement restaurée et aménagée en 2000 après un long chantier qui aura coûté 10 M€ (financés par les fonds européens, l’Etat, la Région, le Département et la Ville). Car la Ville de Montivilliers vise à faire de son patrimoine historique un vecteur de développement culturel et touristique. Et l’abbaye en est l’élément principal : son réfectoire gothique du XIIIème siècle accueille les expositions, le dortoir les conférences, l’église les concerts. Mais « ce qui marche bien coûte cher », reconnaît Jean-Claude Brubion, responsable du service culturel. Car l’abbaye, dont l’entrée est payante, ne reçoit que 15.000 touristes par an, « un peu moins que ce que nous espérions ». Par contre, succès des animations gratuites : expositions temporaires (35.000 visiteurs), accueil des scolaires et ateliers, bibliothèque. L’abbaye accueille aussi le service culturel de la Ville. La municipalité consacre à la culture un peu plus d’un million d’euros par an (soit plus de 10% de son budget) et veut « conforter son identité de ville patrimoine, notre principal atout ». Alors elle en poursuit la valorisation : la numérisation du Bourgaige de Montivilliers est en cours, un document sur parchemin de 1426 qui porte sur les redevances dues aux religieuses de Notre-Dame de Montivilliers. La Ville de Montivilliers a aussi lancé la restauration du cimetière médiéval aux décors sculptés, l’aître de Briscaget, datant du XVème siècle. Coût du chantier : 1 M€, dont 45 % financés par l’Etat. A l’appui, une conférence sur les chantiers médiévaux et l’ouverture du chantier au public les 1er et 2 juin. Entrée libre.

www.abbaye-montivilliers.fr

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