Trop de particules en suspension flottent dans l’air de Haute-Normandie

(fil-fax 02/05/13)

L’association Air Normand en charge de la surveillance de la qualité de l’air en Haute-Normandie a enregistré 31 épisodes de pollution atmosphériques au cours de l’année 2012 ayant entraîné une procédure d’information du public. Sur ce total 28 procédures dont 5 d’alerte ont été déclenchées par des concentrations importantes dans l’atmosphère de particules en suspension. « Notre point faible, commente à ce propos M. Dominique Random, président d’Air Normand. Cette dégradation apparente s’explique avant tout par un abaissement du seuil de détection requis par l’Etat depuis janvier 2012. Ce qui ne veut pas dire que l’air est parfait », a résumé lundi le président de l’association Dominique Randon. La nouvelle valeur limite d’information au public est depuis un an de 50 micro-grammes/m3. Elle était auparavant de 80 micro-grammes/m3.

Ramenées à l’échelon régional les pollutions aux particules ne sont pas plus importantes, voir moins importantes, qu’en 2011. Ces pollutions aux origines contestées (agriculture, trafic routier, industries, chauffage au bois, etc) ont principalement affecté le centre des agglomérations du Havre et de Rouen. Au Havre, rue Lafaurie, la norme d’information au public de 50 micro-grammes/m3 a été dépassée durant 47 jours. A Rouen, quai de la Bourse, la norme a été dépassée à 48 reprises alors que la directive européenne prévoit des sanctions au-delà de 35 jours de dépassements.

Concernant le dioxyde d’azote généré par l’industrie et le trafic routier les capteurs situés en proximité du trafic automobile ont régulièrement relevé des valeurs supérieures à la norme limite européenne. A Rouen, la fermeture du pont Mathilde fin octobre 2012 laisse même présager une aggravation de ces résultats en 2013. « Sur ce secteur c’est 15 à 20% de pollution supplémentaires mesurées depuis la fermeture », a déjà constaté Air Normand. Comme pour les particules, la France pour ses dépassements réguliers s’attend à un contentieux avec l’Europe.

Le dioxyde souffre (SO2) directement émis par l’industrie est en revanche en régression en Haute-Normandie. Globalement, la moyenne annuelle se situe autour de 5 micro-grammes/m3. Elle était trois fois plus élevée en 2000. Cette pollution a même disparu durant 5 mois sur les deux capteurs de Petit-Couronne et de Val-de-la-Haye. Contigus à la raffinerie Petroplus à l’arrêt durant 5 mois en 2012 les capteurs n’ont enregistré qu’un bruit de fond non significatif faute d’activité économique. « Malheureusement l’électrocardiogramme reste plat à Petit-Couronne », a cruellement regretté le président d’Air Normand par ailleurs maire de Petit-Couronne et Conseiller général (PS) du canton de Grand-Couronne.

Liens à court terme entre pollution atmosphérique et mortalité 

Il existe des liens significatifs entre pollution et indicateurs de santé. L’Institut de veille sanitaire (InVS) a lancé dès 1997 dans neuf agglomérations (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse) un Programme de surveillance air et santé (Psas). Dix ans plus tard, l’excès de risque relatif (ERR) associé à une augmentation de 10 micro-grammes/m3 des différents indicateurs de pollution (particules, dioxyde d’azote et ozone) sont respectivement de +1,4%, +1,3% et +0,9%. En clair, ces statistiques se traduiraient selon les spécialistes par une centaine de décès prématurés par an sur l’agglomération rouennaise. Pour la mortalité cardiovasculaire et cardiaque, « l’augmentation du risque de décès associée à une augmentation des particules et dioxydes est jusqu’à deux fois plus élevée notamment pour les 65 ans et plus », assure l’InVS.

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut