http://www.eaurmc.fr/le-bassin-rhone-mediterranee/les-caracteristiques-du-bassin-rhone-mediterranee/les-grands-enjeux-du-bassin-rhone-mediterranee.html
Compte tenu du développement économique et urbain et de la pression touristique, les priorités de la politique de l’eau dans le bassin sont la lutte contre la pollution toxique et les pesticides, l’amélioration de la gestion quantitative de la ressource et la restauration des milieux aquatiques dégradés.
La lutte contre la pollution
La pollution des eaux par les substances dangereuses a un impact sur les produits de la pêche, l’eau potable, l’écosystème. La lutte contre ce type de pollution répond donc à un enjeu majeur du bassin Rhône-Méditerranée, tant en termes économiques que sanitaires et environnementaux.
Substances dangereuses
Sur le bassin Rhône-Méditerranée, la contamination par les substances dangereuses a pour principales origines les rejets industriels, urbains, agricoles, les infrastructures routières… L’étendue de cette contamination est variable selon les milieux et les substances.
Elles se répartissent entre les métaux (mercure, cadmium, nickel, plomb…) et les polluants organiques. Les molécules organiques sont pour la plupart issues de synthèses chimiques. Il peut s’agir de solvants de l’industrie, d’additifs, de retardateurs de flammes ou encore de substances utilisées pour leur action pesticide, biocide, etc.
Elles ont toutes la particularité d’avoir une longue durée de vie dans l’environnement et des effets toxiques observables à faible concentration (de l’ordre du microgramme par litre). L’exposition à ces molécules peut donner lieu à des affections préoccupantes à long terme.
L’objectif d’atteinte du bon état chimique des eaux impose d’améliorer la connaissance de ces pollutions et de leurs origines, de réduire les rejets industriels, urbains, portuaires, agricoles et de sensibiliser et mobiliser les acteurs dans le cadre de démarches concertées.
Actions à mettre en œuvre
Pour atteindre le bon état des eaux à l’horizon 2015, un certain nombre de mesures sont prises : incitation à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, évolution réglementaire (limitation du nombre de molécules autorisées), intégration de la lutte contre ce type de pollution dans les démarches concertées par bassin versant (SAGE, contrat de milieu), mise en œuvre d’actions pour protéger la qualité de l’eau potable, etc.
Pesticides
35% des cours d’eau et 70% des eaux souterraines du bassin Rhône-Méditerranée risquant de ne pas atteindre le bon état en 2015 présentent une contamination par les pesticides, parfois dans des concentrations très élevées. 60 % des molécules retrouvées sont des herbicides.
L’axe Rhône-Saône, et pour partie le Languedoc, subissent des pressions importantes. Les zones de vignobles (Bourgogne, Beaujolais, basse vallée du Rhône) sont particulièrement impactées par cette contamination.
Principalement d’origine agricole, la contamination par les pesticides résulte aussi pour partie des activités de gestion des espaces verts des collectivités et des infrastructures ferroviaires.
La gestion de la ressource en eau
Le bassin Rhône-Méditerranée bénéficie d’une ressource globalement abondante (le Rhône, la Durance, le Verdon…), mais inégalement répartie : certains secteurs comme l’Ardèche, la Côte-d’Or, la Drôme, etc. connaissent des situations de pénurie d’eau récurrentes.
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Destination de l’eau prélevée |
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Origine des prélèvements/usage |
Irrigation agricole |
Industrie |
Eau potable |
| Eaux superficielles (total 100%) | 70% | 15% | 15% |
| Eaux souterraines (total 100%) | 10% | 25% | 65% |
6,7 milliards de m3 prélevés tout usage confondu sont prélevés sur le bassin Rhône-Méditerranée.
D’ici une vingtaine d’années, des évolutions importantes sont à prévoir, liées notamment aux changements climatiques, à l’accroissement de la population, au développement des besoins (agriculture, loisirs, etc.)…
L’objectif est d’assurer un équilibre durable et garantir la pérennité des usages économiques et celles des milieux aquatiques. Il est donc essentiel aujourd’hui d’agir dans un esprit d’anticipation avec notamment pour préoccupation de mieux connaître les volumes et débits prélevés ou dérivés, les volumes restitués, l’état de la ressource (nappes souterraines, réserves, débits des cours d’eau…). Il est également utile de mettre à disposition un outil d’évaluation des besoins en eau.
La restauration physique des milieux aquatiques
Urbanisation, artificialisation des berges, barrages, curages, etc. beaucoup de cours d’eau du bassin Rhône-Méditerranée ont subi des aménagements, avec pour conséquence des perturbations de leur fonctionnement naturel, un appauvrissement de la biodiversité, etc.
Des expériences de restauration physique menées sur des cours d’eau comme le Drugeon, l’Ouche, le Rhône, etc. ont permis une certaine amélioration. L’enjeu ne consiste cependant pas à « sanctuariser » les milieux aquatiques, mais plutôt à conduire les projets d’aménagement ou de restauration avec le souci de préserver les conditions nécessaires à leur existence.
Parmi les actions à mettre en œuvre, il est nécessaire de faire reconnaître l’efficacité technique de la restauration physique en complémentarité des traitements de pollution, de concrétiser les premières initiatives prises dans le cadre des SAGE et des contrats de milieux, de protéger sans attendre les fonctionnalités actuelles, etc.