Clément Méric s’était installé à Paris en septembre pour y poursuivre ses études à Sciences Po. A l’unisson, tous ses camarades de promotion ont parlé d’un « jeune garçon très engagé », « qui ne disait jamais un mot plus haut que l’autre », « une crème », « le type de personne que tout le monde voudrait avoir dans son entourage ».
Ce 5 juin, la tragédie humaine et la tragédie politique ont été réunies dans un même acte.
Peu importe le jeune âge de la victime, ses études à Science Po Paris, ses origines bretonnes… Il aurait été âgé, sans formation, d’autres origines, l’horreur aurait été de la même nature.
Peu importent les circonstances, la couleur politique de la victime, celle de l’agresseur, que ce soit à l’issue d’une bagarre, d’une provocation ou que ce soit mûrement réfléchi, prémédité, le résultat est le même, cruel, odieux, insensé, insupportable dans notre démocratie : une personne est morte en raison de ses opinions politiques. Et cela est inacceptable.
La classe politique, de manière générale, se doit de faire attention : les mots peuvent avoir des conséquences terribles. Faisons donc attention dans vos discours, et ne partons pas dans des dérives incontrôlables.
Oui, lutter contre le fascisme est nécessaire. Pour autant, ceux qui entendent le combattre ne doivent pas tomber dans le piège et se laisser happer par cette violence et la réponse bloc contre bloc. On ne peut pas gagner contre le fascisme avec des méthodes de fasciste.
Pour dire non à cette violence, un rassemblement est organisé devant le palais de justice de Rouen ce vendredi 7 juin à 18h.