Commission Mobilités 21: Le lobby normand agace les Bretons… (enfin!)

Il est temps que la commission nationale « Mobilités 21 » rende son rapport public (c’est prévu le 26 juin prochain) car cela fuite de partout et les élus des territoires qui se savent en ligne de mire du grand coup de rabot qui se prépare en matière d’infrastructures de transports commencent à hurler…

On sait que la commission présidée par Philippe Duron député-maire de Caen en tant que président de l’Association de Financement des Infrastructures de Transports (une des agences parapubliques qui est, faut-il le rappeler, dans le colimateur de la Cour des Comptes…) doit faire des propositions au Gouvernement qui tranchera définitivement l’avenir des transports en France en juillet prochain.

A cette fin les projets du Schéma National des Infrastructures de Transports seront rangés selon trois catégories:

Prioritaires de catégorie 1 : projets en cours et à finir dans les 10 ans

Prioritaires de catégorie 2: projets à l’étude et à faire d’ici 15 à 20 ans.

Non prioritaires de catégorie 3: projets reportés au delà de 30 ans…

On le sait depuis longtemps sur l’Etoile de Normandie, la Ligne Nouvelle Paris Normandie sera classée dans la catégorie 2 avec le projet de ligne fret Serqueux-Gisors en faire valoir plus que léger d’une absence confirmée de politique nationale de désenclavement ferroviaire des ports français car, disons-le d’emblée, la SNCF en a rien à foutre du fret ferroviaire! Vu l’actuel trafic sur les lignes ferroviaires, on considère que le désenclavement des ports pourra attendre 2019 date à laquelle le trafic ferroviaire sera ouvert à la concurrence privée en France…

Sauf que les ports concurrents de nos Grands Ports Maritimes (à commencer par les GPM de la Basse Seine normande) sont déjà à 50% de leur éclatement de trafic terrestre par la voie ferroviaire ou fluviale…Visiblement, pour l’avenir du fret ferroviaire en France, toutes les billes ou presque iront pour le pharaonique projet de ligne Lyon-Turin promis à Mario Monti par le président François Hollande… (26 milliards d’euros contre à peine 11 milliards pour la LNPN dans son ensemble)

De même on peut regretter l’absence confirmée elle aussi de toute allusion ou recommandation dans le rapport qui va être rendu public sur  la nécessité de financer les études et l’expérimentation d’un nouveau matériel ferroviaire roulant à 250km/h alors qu’Aslthom planche déjà sur le sujet: la Normandie n’a pas candidaté pour être un territoire d’expérience en ce domaine et c’est bien dommage! Mais d’ici juillet prochain, il n’est peut-être pas encore trop tard pour mettre cette idée importante dans les bons tuyaux…

Donc, pour la Normandie et partant, l’avenir maritime du pays ou l’innovation de la « grande vitesse de proximité » (250km/h) c’est : « prioritaire de catégorie 2 »

Concernant la LNPN cela donne pour le phasage des réalisations une fourchette allant de 2020 à 2030: rien donc en catégorie 1 mais rien non plus en catégorie 3 (ouf!) ce qui veut dire que le normand Philippe Duron, malgré sa position plus qu’inconfortable de président de ladite commission (ah! les charmes du cumul… ) a pesé de tout son poids pour que les préoccupations transmises par les grands décideurs politiques et économiques normands dans un courrier le 4 juin dernier soient prises en compte par la commission nationale qu’il préside.

Parmi les préoccupations des Normands, celle-ci: « ce grand projet offre non seulement la possibilité de bâtir un territoire exemplaire et durable mais aussi d’inverser la spirale de la désindustrialisation et d’entraîner avec elle la compétitivité des autres régions françaises ».


(source: Fil fax Normandie, N°4579  05/06/13)

On notera que celui qui a signé ce courrier au nom de l’agglomération de Caen, n’était autre qu »Eric Vève, l’adjoint de… Philippe Duron

On peut donc dire que, pour une fois, un lobby normand s’est enfin manifesté !

Le temps de « Guimauve le Conquérant » est révolu…

(ici un médiocre montage fait à partir du portrait du duc-roi Guillaume le Conquérant en armure de la Renaissance conservé dans l’abbatiale Saint-Etienne de Caen)

Pour preuve?

L’agacement des Bretons qui s’aperçoivent que tous leurs projets ferroviaires et routiers (sauf le projet de LGV Paris- Rennes en cours de réalisation) ont été rejetés dans la catégorie 3:

La catégorie 3, c’est donc la catégorie « calendes grecques » pour ne pas dire « hollandaises » pour tout projet « non prioritaire » dont les études peuvent être suspendues pour une réalisation au delà de 30 ans…

Une fois de plus, la colère bretonne, se fait entendre d’autant plus que la Bretagne est une région qui a voté massivement pour un certain candidat François Hollande mais qui dans son engagement N°3 avait pourtant bien averti qu’une fois élu président de la République, il renoncerait à financer  de nouvelles lignes LGV/TGV pour développer un nouveau modèle ferroviaire en France… C’est précisément le but de la LNPN (mais en priorité de « rang 2 »)

On notera qu’il n’y a aucune allusion au projet très controversé d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame des Landes: doit-on parler de catégorie 4 à son sujet?

A lire donc cette  brève de l’AFP sur le site du Figaro.fr:

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/06/21/97002-20130621FILWWW00550-lgv-des-elus-bretons-se-mobilisent.php

LGV: des élus bretons se mobilisent

Plusieurs élus bretons ont réagi ces derniers jours après la publication d’informations sur un rapport qui propose de reporter la construction de plusieurs lignes à grande vitesse (LGV) au-delà de 2030, dont celle reliant Brest et Quimper au réseau TGV.

« Si l’Etat persiste à donner aux régions déjà riches et à abandonner les territoires les plus fragiles, peut-on encore parler d’égalité, de justice et de solidarité républicaines? » s’interrogent les autonomistes de l’Union démocratique bretonne (UDB) dans un communiqué.

De son côté, le président de la région Bretagne, Pierrick Massiot (PS), s’est dit « surpris » par les « fuites » sur le rapport qui est attendu le 27 juin. « Pour autant, je constate certaines incohérences », ajoute M. Massiot dans un communiqué. Tout en assurant qu’il souhaitait attendre la publication officielle du rapport, le président de la région rappelle qu’à ses yeux, le projet de LGV qui doit rallier la pointe de la Bretagne a été « de tout temps » un « combat pour la Bretagne ».

 

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