Les collectivités territoriales, bonnes étoiles du Sirius ?

(fil-fax 02/07/13)

En 2015, Le Havre devrait inaugurer un pôle cinéma d‘art et d’essai, Le Sirius. Doté de quatre salles totalisant 700 places, d’une cafétéria, d’une salle de réunion et de bureaux, le pôle sera construit à proximité de l’université, cours de la République, à l’emplacement de l’ancien cinéma. Coût total du projet : 4,8 millions d’euros financés par la Ville du Havre (800.000 €), la Région Haute-Normandie (800.000 €), l’Etat via le Centre national du cinéma (310.000€) et l’exploitant Sunlight (2 M€).

En 2010, la fermeture pour vétusté de la salle d’art et d’essais l’Eden, de l’espace Oscar Niemeyer (le Volcan scène nationale), labellisée Recherche et Découverte, Jeune Public et Europa Cinémas suscite une levée de boucliers des amoureux de « cinéma de qualité mais à faible rentabilité ». Les opposants dénoncent alors « le vide culturel laissé par la Ville ». Le vide s’accentue en centre ville avec la fermeture, en 2011, du complexe cinématographique (7 salles) Les Clubs, avenue Foch, qui aligne les dépôts de bilan. Les pétitions circulent, les associations se créent (Les Amis du Sirius, Les Amis des Clubs).

Pourtant, la Ville affiche l’objectif de maintenir un cinéma de proximité et de « proposer au Havrais une offre cinématographique et culturelle diversifiée », selon son maire Edouard Philippe. Elle rachète en 2006 pour un million d’euros les murs des Clubs. Réaménagés et équipés de nouveaux systèmes de projection numérique, ils accueillent provisoirement, depuis 2012, l’équipe du Sirius, cinéma indépendant implanté près de l’université et du futur axe du tramway, sous la houlette de son exploitant Stéphane Foulogne. Le temps de construire le futur pôle d’art et d’essai. Pour soutenir ce projet, qui prévoit l’agrandissement du site, la Ville achète le terrain et vote la garantie d’emprunt de 50 % pour l’acquisition du numérique et une subvention d’équipements de 200.000 euros. Le 10 juin 2013, le permis de construire est signé et le 17 juin, la Ville a signé un bail emphytéotique de vingt ans avec la société Sunlight, lui confiant le site, pour une durée de vingt ans, au terme duquel la municipalité redevient propriétaire des lieux. La SARL (qui deviendra une Société coopérative d’intérêt collectif d’ici fin 2013) de Stéphane Foulogne est chargée de mener à bien la construction et l’exploitation de l’équipement. Signé du cabinet d’architectes caennais Millet-Chilou, le projet architectural a évolué pour aboutir à un cube fermé doté d’une signalétique forte, en hommage à la façade du Grand Rex parisien. Reste la confirmation des subventions de la Région, qui étudie encore le montage financier et administratif du projet. Prochaine réunion le 9 juillet.

La concurrence est sévère, notamment avec le multiplex de 12 salles ouvert en 2009 dans les Docks Vauban. Mais Stéphane Foulogne croit au cinéma de qualité qui « crée de l’émotion » et prévoit une équipe de neuf personnes motivées pour « ramener les spectateurs en salle ».

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut