(fil-fax 29/06/13)
Les projets inscrits dans la « deuxième temporalité » du rapport de la commission Moblité 21 ne sont pas « renvoyés aux calendes grecques », mais exigeront une « mobilisation forte » a déclaré vendredi matin, son président Philippe Duron, qui s’exprimait devant le conseil régional de Basse-Normandie. M. Duron par ailleurs député (PS) et maire de Caen, avait en effet réservé ses premières explications sur ce rapport à la collectivité qu’il a présidée de 2004 à 2008. Il a confirmé à cette occasion que la traduction politique des conclusions de la commission sera donnée par le Premier ministre le 9 juillet prochain dans le cadre d’une présentation des Investissements d’avenir.
En répondant aux questions des élus régionaux de Basse-Normandie, M. Duron a tenu à replacer les volets spécifiquement normands du rapport dans un cadre national, notamment sur la question de la desserte portuaire. « Les urgences ne sont pas seulement pour la Normandie, mais nationales », a-t-il insisté en citant notamment la modernisation de la section Serqueux – Gisors, essentielle pour les ports de la vallée de la Seine.
Concernant le phasage de la réalisation de la LNPN (Ligne Nouvelle Paris Normandie), M. Duron a expliqué que pour obtenir ensemble le doublement du Mantois (horizon 2014 – 2030), le prolongement vers Evreux (ligne Paris – Caen – Cherbourg) et la nouvelle gare à Rouen, il faudra rester « très mobilisé ». Le président de la commission, reprenant son costume d’élu normand, a indiqué que des parties du chantier LNPN pouvaient aussi « entrer dans des contrats particuliers », plus régionaux. Il a cité les cas des “shunt“ entre Evreux et Caen qui raccourciraient le temps de parcours.
Philippe Duron a également consolé ceux qui avaient espéré la réalisation d’une LGV (ligne à grande vitesse) en leur apprenant que les Normands avaient « inventé le concept de “ligne nouvelle“ qui se développe à côté du concept de LGV ». Le Caennais a ainsi assuré avoir convaincu les Provençaux et les Azuréens qui voulaient une LGV entre Marseille et Nice. « C’était infaisable, alors que leurs problèmes majeurs ce n’était pas la grande vitesse, mais la capacité, la robustesse et la régularité ».
S’agissant du financement qui ramène au débat sur la temporalité, Philippe Duron a raconté avoir tout fait pour convaincre le président de la République, le Premier ministre mais aussi le Premier président de la Cour des Comptes – Didier Migaud -, de « soutenir l’investissement. Si les efforts ne produisent pas leurs effets, c’est parce que l’économie tourne au ralenti. La rigueur toute seule, ça n’a aucun sens », a clamé Philippe Duron devant le conseil régional de Basse-Normandie, abordant ici une question particulièrement sensible.
Et revenant sur la philosophie générale des travaux de la commission Mobilité 21, son président a estimé que l’on était sorti du « paradigme d’aménagement avec des projets de grands ingénieurs », comme au 19ème siècle et jusqu’au “tout TGV“ : « Nous ne somme plus dans une logique descendante mais dans une logique qui part des besoins des territoires, de leur population. On a vraiment beaucoup à faire sur ce sujet ».
Trois degrés de priorités et deux scénarios
La hiérarchisation opérée par la commission retient trois groupes :
1. Premières priorités : les projets qui devraient être engagés sur la période 2014-2030.
2. Secondes priorités : les projets dont l’engagement doit être envisagé entre 2030 et 2050.
3. Projets à horizons plus lointains, au-delà de 2050.
Deux scénarios financiers sont envisagés :
1. Si les ressources de l’agence de financement sont maintenues constantes à 2,26 Md€ entre 2017 et 2030, on pourra engager sur la base des clés de financements usuels entre Etat, collectivités locales et autres partenaires, entre 8 et 10 Md€ de travaux d’ici 2030 ;
2. Avec une augmentation des ressources de l’agence d’environ 400 M€ par an, on pourra engager entre 28 et 30 Md€ de travaux d’ici 2030.
Pour la Normandie, la commission place dans tous les cas de figure, Serqueux – Gisors (240 M€) et le doublement du Mantois (3.500 M€) en première priorité dans le scénario 1. La gare de Rouen (1.200 M€) et la section Mantes-Evreux (500 M€) sont en seconde priorité mais pourraient “remonter“ en première priorité en retenant le scénario 2.
C’est le gouvernement qui tranchera le 9 juillet prochain.
• Le rapport Mobilité 21 est consultable sur :