Buffy Memories – Comment je l’ai découverte

Si tu n’aimes pas trop la série Buffy contre les vampires, tu risques de passer une mauvaise semaine sur Lunécile. A fortiori, si tu la hais et méprises, je te propose carrément de ne plus jamais foutre les pieds ici, au risque de paraître un peu nazi. Comme disait mon arrière-grand-père en tapotant l’épaule de Goebbels : « Il vaut mieux paraître un peu nazi que l’être beaucoup ».

 

La semaine Buffy Memories est concoctée par les camarades Knight et Hellody (oui, Hellody, celle-là même qui nous a fait signer pour ce satané Challenge Séries qu’on échouera forcément SAUF si on se la joue Howard Hugues dans un cloître hermétique pendant ce qu’il nous reste à vivre d’année 2013 – et autant te dire que ça n’est pas tellement envisagé et d’ailleurs pas vraiment envisageable), voici leur note d’intention :

 

« en ce moment, si vous étiez passés à côté de l’info, sachez que nous célébrons les 10 ans de la diffusion de “Chosen”, le dernier épisode de la série Buffy, the Vampire-Slayer. Hellody a très envie d’écrire un article sur la série, mais pourquoi ne pas tous nous y associer, et faire de l’occasion un véritable évènement, vu que beaucoup d’entre nous ont découvert la série, et l’ont aimé, parfois plus que de raison d’ailleurs ? Du coup, pourrait être lancée la semaine spéciale ”Buffy Memories”, pendant laquelle chacun, sur nos blogs respectifs, publierait une ou plusieurs notes sur la série, afin de lui rendre hommage. »

 

En vrai, je te la joue en décalé, c’était la semaine dernière cette fameuse semaine, mais tu m’en voudras pas d’avoir raté le coche car je suis sympa. Assez tergiversé, parlons Buffy.

 

 

 

 

Malheureusement, je n’ai pas eu de coup de foudre bien précis et daté pour la série. Je ne peux pas écrire, comme ont pu le faire certains de mes petits camarades : « Le 14 août 1999, j’ai vu un zode et je suis tombé de ma chaise, C’ÉTAIT LA RÉVÉLATION, je savais désormais quelle serait ma série, parmi toutes les autres séries. » (Anecdote un peu annexe mais néanmoins savoureuse : mon arrière-grand-père, justement, dans son journal, écrit au 14 août 1944 : « j’ai vu que le boucher qui fait des ristournes pas croyables sur les steaks aux allemands était dispensé de leur donner ses meubles, C’EST LA RÉVÉLATION, je sais désormais quelle sera ma voie »). Quand M6 a commencé à diffuser la série le vendredi soir, j’avais 7 ans. Quand M6 a intégré la série à la Trilogie du Samedi, j’en avais 8. Tout cela est un peu flou pour moi. À vrai dire, malgré une fascination réelle pour la série, je n’ai jamais réussi à voir une saison entière jusqu’à ce qu’on m’offre le coffret intégral en janvier 2011. Enfant, j’avais du mal à négocier pour voir ces épisodes qui passaient tard. Ado, j’avais entamé la collec ATLAS de Buffy, mais n’avais même pas pu finir la saison 1 car c’était grave cheros. Je n’ai donc que picoré Buffy pendant un long moment. MAIS AVEC QUELLE FIÈVRE !

 

À l’époque, j’étais très attiré par tout ce qui était horrifique, surnaturel et monstrueux. Je commençais à pouvoir aller tout seul, le samedi, à la médiathèque de la ville, et j’y prenais les K7 aux jaquettes les plus creepy – Carrie, Alien, La Planète des Singes et ses suites, Orange mécanique (aïe aïe aïe), Elephant Man – en priant pour ne pas me faire disputer par la meuf de l’accueil, qui en fait s’en foutait pas mal. Je dévorais les romans Chair de Poule et matais la série dans Planète Donkey Kong (ça c’était fastoche, c’était le matin !). Je prenais toujours mon oreiller sur mes genoux pour m’y enfouir le visage au cas où l’épisode serait trop effrayant, mais je ne m’en servais jamais. C’était sûrement parce que – je le suppose avec le recul – c’était très cheap et donc assez inefficace. J’adorais aussi la série Beetleborg qui passait sur TF1 – et c’était pas par amour pour ces ados à la con qui sortaient des armures rutilantes de nulle part pour bastonner les Forces du Mal, mais plutôt parce qu’ils étaient dotés d’une troupe de sidekicks pleine de créatures emblématiques (un vampire, une momie, un loup-garou, un clown taré, une créature de Frankenstein etc) qui vivaient dans une maison hantée toute aussi emblématique. Ainsi, la première chose qui m’a accroché, dans Buffy, c’est les monstres, et la variété des monstres. Je me souviens que je tirais sur la corde un max pour en voir le plus possible mais qu’il m’arrivait de concéder à aller me coucher prématurément si j’avais déjà vu mon lot de gueules dégueulasses et d’évènements trop chelous. Autrement dit, ma première entrée dans l’univers de Buffy était très très très premier degré. 

 

C’est ça qui est puissant dans Buffy, comme dans tous les univers un peu denses, les portes d’entrée sont tellement nombreuses qu’on peut y retourner à tous les temps et y trouver son compte. À 8 ans, je matais Buffy pour les bêbêtes. À 13, je matais Buffy pour les bagarres nimbées de punchlines insolentes (pour la même raison, je suivais Spider-man). À 20, je matais Buffy parce qu’elle nous offre une très bonne histoire très bien racontée. Et à 25 ? Et à 75 ? Que sera sera

 

 

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(Illustration by Lune – plus de dessins mimis sur notre Tumblr)

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