Le cadeau de la gôche Hollandaise au patronat, un premier exemple d’application de l’accord ANI pour la sécurisation de l’emploi, Oh là là!

A peine l’Accord ANI définitivement validé, une entreprise a aussitôt annoncé la fermeture de l’entreprise grâce à la procédure allégée de
licenciements…

http://www.lamontagne.fr/photoSRC/bqViVeldaWelbKxCPNWs_pusXXdNGltxXD4uu1iw_sR0IkLcazbGupnwlQUaVQo_pWI48f0HY_sxYvETMFwM2diAkJo-_/la-monnerie-le-montel-greve-a-l-usine-elba-menacee-de-fermet_1202943.jpegExtrait
de Médiapart.fr

Dans le Puy-de-Dôme, une salariée explique : « Si on m’avait expliqué ce que signifiait l’Ani, j’aurais été de toutes les manifestations comme pour les retraites en 2010. » Marie pleure
en se mordant les doigts. Elle ne connaît « rien au droit du travail », n’a pas fait d’études. Lorsqu’au printemps dernier, les détracteurs de l’accord national interprofessionnel
dit de « sécurisation de l’emploi » ont appelé les salariés à manifester dans toute la France contre ce texte qualifié de « casse sociale », cette ouvrière de la papeterie Elba à la
Monnerie-Le-Montel dans le Puy-de-Dôme, ne s’est pas sentie « concernée ». Non syndiquée, en CDI depuis trente ans dans une entreprise en bonne santé, elle n’a pas jugé bon d’aller
protester contre « ce cadeau de la gauche au Medef »…

 

 …Ce n’est que ce lundi 8 juillet qu’elle a réalisé « la tragédie » que représente pour elle ce texte devenu loi le 14 juin dernier, après le feu vert du Conseil constitutionnel.
Et notamment le décret qui bouleverse la donne en matière de licenciements économiques collectifs. Lorsque son patron, le groupe Hamelin, leader de la papeterie de qualité, a
annoncé, à quinze jours des vacances, qu’il allait rayer de la carte dès le mois d’octobre leur usine ainsi que deux autres sites en France, à Troyes dans l’Aube et
Villeurbanne dans le Rhône, soit deux cents emplois sacrifiés.

 

Hamelin n’a pas perdu de temps pour profiter des outils que lui confère désormais la nouvelle législation. Il n’a même pas attendu que les cadres hiérarchiques de l’administration du
travail (les Direccte) soient, le 5 juillet, formés par leur ministère à ce Code du travail revisité par pans entiers. Dès le 2 juillet, soit au lendemain de l’entrée en vigueur de
la mesure concernant les licenciements collectifs, il a déroulé en comité européen d’entreprise son plan de restructuration, invoquant la crise du secteur. Le 8, il en informait les
salariés. 

 

Et la première réunion de négociation du plan social, prévue ce 25 juillet, intervient étonnamment à la veille de la date où l’usine ferme pour congés durant trois semaines, réduisant un
peu plus le délai de deux mois déjà très court durant lequel le comité d’entreprise peut se retourner.

 

S’il voulait tuer toute velléité de lutte, Hamelin ne pouvait pas mieux s’y prendre. D’autant qu’en supprimant la possibilité d’intervention du juge des référés durant la procédure, la
nouvelle loi désarme les représentants des salariés. Exit l’avocat qui pouvait suspendre en amont le plan, jouer la montre, gagner jusqu’à un an de répit. Quant au délai de deux
mois, il ne permet plus à l’expert, éventuellement désigné par le comité d’entreprise, d’analyser sérieusement la validité du motif économique des licenciements comme par le passé.
Désormais, seule l’administration du travail donnera un avis, lequel se limitera à juger la qualité des reclassements des salariés, sans aucune possibilité de contester le bien-fondé du
motif économique…unilatérale de l’employeur –, elle aura 21 jours àcompter du 25 septembre pour homologuer ou non le plan.

 

En Auvergne, c’est le premier PSE qui découle de l’Ani qui a tant fracturé la gauche. Et c’est aussi un premier cas d’école en France pour l’administration de Michel  Sapin. Car la
méthode comme le calendrier du groupe Hamelin, 454e  fortune de France selon le magazine Challenges, 3 000 salariés dans 21 pays, 700 millions d’euros de chiffre d’affaires,
plus connue pour ses marques Oxford, Canson, Bantex, Super Conquérant, interrogent. Jusque dans les étages de la Direccte Auvergne où un proche du dossier reconnaît en “off” « un
comportement de voyou où le minimum a été prévu en matière de congés de reclassement (4 mois au lieu de douze mois), d’indemnités supra-légales ». Ira-t-elle jusqu’à l’invalider ?…

Merci à Daniel de la FILPAC CGT pour cet art. de Médiapart.fr

DIM 21 JUI 2013

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