
Alors que dernièrement certains laissaient entendre que la FNAC pourrait quitter l’Espace du Palais allongeant encore un peu plus la longue agonie d’un centre qui se voulait poumon commercial en centre ville, c’est de façon plus confidentielle que s’est fermé il y a de cela une quinzaine de jours, le rideau de l’une des rares boucheries restant dans le centre ville.
Rue Beauvoisine, Olivier Capron a donc fermé boutique, sans qu’il y ait eu repreneur, et avec ce départ, c’est encore un commerce de proximité qui aura fermé sa porte. Certes, on est loin de ce qu’il s’est passé sur d’autres quartiers de la ville, comme au Mont Gargan par exemple, où le dernier commerçant, en l’occurence le boulanger, pense lui aussi à partir, mais pourtant…
Parce que la vie de quartier doit beaucoup aux commerçants et artisans de proximité, la municipalité doit agir pour les préserver. La lutte pour la revitalisation des centres urbains et des quartiers est devenue une priorité. D’autant que, depuis le milieu des années 1990, le modèle des hypermarchés s’essouffle et le vieillissement de la population fait renaître le besoin de proximité.
Alors comment ? Quelques pistes :
– Par l’élaboration du plan local d’urbanisme (PLU) qui reste largement une prérogative communale. Document d’urbanisme, il prévoit de façon précise les capacités de constructions et de réhabilitations nécessaires à la satisfaction des besoins, en matière d’habitat, d’activités sportives et économiques. Pour un développement commercial équilibré, les objectifs du SDC et des PLU se doivent donc d’être en cohérence et introduir des outils novateurs concernant certains alignements commerciaux, en interdisant de transformer un commerce en logement ou en service, l’objectif étant de conserver des linéaires exclusivement commerciaux, propices à l’attractivité, et de privilégier les commerçants face à la concurrence représentée par les banques, assurances ou autres services, dotés de moyens financiers plus importants.
– Par une reconquête des consommateurs, et donc des habitants : cela passe par des actions de développement de l’attractivité, notamment en terme d’accessibilité ( transports en commun, stationnement) ou d’animation et de signalisation. Un travail en commun entre la municipalité, la CCI et les associations de commerçants qui doit se jouer à tous les niveaux.
– Par une implication plus forte de la puissance publique : ailleurs, et pas uniquement en milieu rural, certaines municipalités ont su faire preuve d’interventionnisme en rachetant des locaux pour les louer à des tarifs très compétitifs à des commerçants de proximité animant le lien social.
– Par une implantation de nouveaux marchés de proximité au coeur des quartiers, palliant l’absence ou la raréfaction de commerces sédentaires.
Dans tous les cas, il faut être pragmatique et savoir aussi faire preuve d’imagination. Rouen n’est pas la seule ville confrontée à ces problèmes et on gagnera beaucoup à étudier ce qui se fait ailleurs. Notre conviction est que l’on peut conjuguer plus efficacement bien-être des habitants et vitalité de la ville.