(ANI 31/07/13)
L’intersyndicale des sapeurs pompiers CGT et Autonome de Seine-Maritime a déposé mercredi un préavis de grève illimitée à partir du mardi 6 août après une rencontre infructueuse avec le président du SDIS qui a confirmé des sanctions à l’encontre de 52 d’entre-eux du centre de secours Gambetta à Rouen. Les interventions seront assurées sur réquisition.
Les sapeurs-pompiers ont sans succès demandé à la direction du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) la levée des avertissements, blâmes et mises à pied de trois à quinze jours avec perte de salaires. Ils avaient été infligés au titre d’un appel à la désobéissance mettant en péril l’organisation et la pertinence des secours lors de l’Armada. Ces sapeurs professionnels contestaient le renfort de pompiers volontaires à leur côté pendant la fête maritime rouennaise. Les sanctions n’interviendront toutefois qu’après la tenue d’un conseil de discipline prévu pour la fin septembre. « A ce moment je réviserai éventuellement ma position en fonction de l’avis du conseil », a indiqué mercredi le président du SDIS, Dominique Randon.
Le dispositif de secours mis en place par le SDIS pour l’événement prévoyait le renfort de pompiers volontaires sur la caserne Gambetta à Rouen où ne sont ordinairement basés que des pompiers professionnels. Cette mixité des statuts a été immédiatement rejetée et assumée par les syndicats au motif qu’elle ne devait pas représenter les prémices d’un développement des sapeurs-pompiers volontaires au détriment des professionnels. « Il ne s’agit pas d’opposer les sapeurs-pompiers entre eux mais les revendications portant sur le recrutement de sapeurs-pompiers professionnels sont légitimes », insiste pour l’intersyndicale Thierry Lemarchand (CGT). Les sanctions, aujourd’hui envisagées, « ne sont pas légitimes et totalement disproportionnées aux faits reprochés. Le non respect de la note de service instaurant la mixité des statuts pendant l’Armada ne correspond pas à une faute grave », poursuit le porte parole.
« On ne peut pas accepter qu’une mesure opérationnelle soit remise en cause. Je crois qu’ils n’ont pas conscience de la gravité de leur décision », leur répond exemple à l’appui Dominique Randon. Certains équipements comme les camions avec échelle n’auraient pas pu ainsi être mobilisés en cas de besoin faute d’un professionnel pour sa prise en charge. « Des engins à haute technicité n’auraient pas pu être engagés », insiste le colonel André Benkemoun directeur du SDIS. Mais pour les syndicats, il n’est pas acceptable de reprocher et de sanctionner des agents pour des faits qui relèvent d’une hypothèse et non d’actes avérés. « Nous ne doutons pas un seul instant que nos collègues professionnels auraient pris les dispositions qui s’imposaient en cas d’évènement majeur », assure aujourd’hui Thierry Lemarchand.