Confrontation de styles.
Forts de leur expérience dans le domaine de cet art martial, Rodolphe et Paco Legrand, responsables du Judo-Club de Grand-Quevilly sont partis d’un constat : « Le judo ne se pratique pas en France comme il l’est en Asie, dans les pays de l’Est ou ailleurs dans le monde. Chaque région a ses particularités ». Déjà depuis plusieurs années, des rencontres sont organisées avec l’accueil d’équipes de différents pays. Des sportifs de Mongolie, de Géorgie ou d’Ukraine ont investi à plusieurs reprises les tatamis locaux. L’idée a donc germé dans leur esprit : créer officiellement une école qui permettrait à de jeunes judokas (minimes de 12 / 14 ans) étrangers de passer un an en France afin de se consacrer à l’apprentissage de ce sport tout en poursuivant leurs études et, en même temps, donnerait l’occasion à leurs pendants Français de se confronter à leurs styles. « Nous n’avons rien inventé » reconnaît Rodolphe Legrand, « Ugo mon fils, (médaille de bronze aux derniers jeux olympiques » s’est souvent opposé avec des judokas étrangers. Cela lui a permis de progresser. Il a effectué de nombreux stages en Mongolie notamment. Notre but est de faire bénéficier nos jeunes de ces conditions idéales pour apprendre ». Le chemin pour parvenir à cette création a été rondement mené. Contact a tout d’abord été pris auprès des différentes fédérations étrangères. Il a fallu ensuite identifier un établissement susceptible d’accueillir la scolarité des jeunes stagiaires. Le collège Edouard Branly et sa classe Français langue étrangère (FLE) va y pourvoir avec la bénédiction de l’académie. Le ministre des affaires étrangère Laurent Fabius a orienté les démarches afin d’obtenir les visas, Valérie Fourneyron la ministre des sports a apporté son soutien ainsi que Kadher Checkemani l’adjoint aux sports de la mairie de Rouen. Enfin, le Département et la Région Haute-Normandie ont fait en sorte de boucler l’aspect financier du projet aidés en cela par des partenaires privés. Ainsi, dès septembre 2013 ce sont 10 élèves venant de Mongolie, Georgie et Ukraine qui vont inaugurer ce dispositif. Logés dans des familles d’accueil, ils suivront une scolarité normale au collège avant de se retrouver au club tous les soirs pour le suivi des devoirs et l’entraînement sportif encadrés par Paco Legrand, des bénévoles ainsi qu’un représentant de chaque pays maîtrisant la langue. Une compétition sera prévue chaque mois ainsi que des sorties culturelles et ludiques. L’école, ouverte aux externes, donnera la possibilité aux judokas intéressés de venir participer à des entraînements périodiques. « Le judo possède deux facettes essentielles » conclut Rodolphe Legrand, « le côté compétitif d’une part et d’autre part, celui qui vise à former l’esprit et la philosophie de service à la société. Nous espérons que cette expérience permettra de concilier ces deux aspects avant, qui sait, d’envisager la localisation concrète de l’école dans des locaux attenant au club ».