Rouen – Le Robec à contre courant.

Une rivière pas si tranquille.
Dans le cadre de l’opération « Laissez-vous conter Rouen » initiée par la Crea, une trentaine de personnes s’étaient donné rendez-vous, dimanche après-midi, à l’angle des rues de l’abreuvoir et des Petites-Eaux de Robec. But de cette rencontre, découvrir ce petit ruisseau connu de tous les Rouennais à l’époque où Rouen et ses vallées proches formaient l’un des grands pôles textiles de France. Les moulins et autres teintureries se sont immobilisés au XIXe siècle et cette rivière industrielle est redevenue un ruisseau champêtre. Dans le rôle du guide, Vincent Verger, personnage haut en couleurs et responsable des « prospectives du patrimoine » a emmené les visiteurs dans une ballade évoquant le passé du lieu mais aussi son présent et, plus subtilement son avenir. « Le but des prospectives du patrimoine » est de tout observer mais pas justement du lieu où l’on se trouve… Nous essayons d’aller au delà des évidences. C’est pourquoi je peux par exemple affirmer que le Robec a peut-être été plus important que la Seine dans le développement de Rouen… ». De fait, totalement modelé par la main industrieuse de l’homme, le cours d’eau qui n’a cependant jamais totalement échappé à la nature, est un exemple parfait de ce qu’on appelle aujourd’hui le « développement durable ». Avant l’industrialisation, la vallée était peu peuplée et la rivière a joué un rôle majeur dans l’industrialisation de Rouen. Pour faire « tourner » les machines à vapeur des usines, celle-ci fournissait l’énergie nécessaire à leur fonctionnement. Les eaux servaient également à irriguer vergers et maraîchages. Aussi, anciens tissages, teintureries, meuneries s’égrènent-elles le long du cours d’eau. Durant plus d’une heure, les visiteurs de cette ballade à « contre-courant » auront également appris que des « pirates » sévissaient sur le cours d’eau. Ils récupéraient en fait tous les objets flottant susceptibles d’avoir une valeur marchande et d’être revendus. A l’inverse, un « amiral » régnait sur ces eaux. Il avait en charge la sauvegarde de la rivière et le respect des différents règlement régissant sont fonctionnement. La randonnée s’est d’ailleurs conclue par le baptême symbolique du nouvel amiral du Robec. Pour ce faire il suffisait, en partant de certains éléments, de déterminer le débit de la rivière au méridien de celui-ci. A ce petit jeu, Laétitia, une responsable de marché venue de Grenoble en famille, a trouvé la juste réponse et a été honorée comme il se doit. « Mis à part cette distinction, une visite comme celle-ci vaut tous les guides conférenciers. Pédagogie, histoire, humour et prospective… une recette qui fonctionne! » a t-elle apprécié.

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