(fil-fax 18/09/13)
Quevilly Habitat, bailleur social historique de la commune de Grand-Quevilly, vient d’inaugurer à Rouen une résidence de 65 logements, Les Julienades, située sur la rive gauche de la ville. Cette opération participe au projet commun des villes de Rouen et de Petit-Quevilly de renouvellement du quartier Pélissier – Les Chartreux, à l’entrée sud de l’agglomération. A l’automne 2013, Quevilly Habitat livrera 20 nouveaux logements dans ce même quartier, en partenariat avec l’assureur mutualiste Matmut.
Cet engagement sur les terres rouennaises de la SA, entreprise sociale pour l’habitat (ESH), illustre « sa sortie de Quevilly », selon l’expression de son PDG, Roland Marut. Il y a six ans, elle avait été appelée par la commune voisine de Petit-Couronne au chevet d’une petite SEM d’habitat social en grande difficulté dont les 450 logements avaient besoin d’une rénovation urgente. Depuis, l’entreprise construit et projette de construire dans une quinzaine de communes de la CREA, devenant le deuxième bailleur social sur le territoire de la communauté d’agglomération après l’office départemental Habitat 76.
Avec la poursuite de son développement à Grand-Quevilly, la société a livré en trois ans un millier de logements dont 708 pour la seule année 2013. Elle en prévoit 179 logements en 2014, année des 90 ans de l’entreprise, qui fut créée en 1924 par le patronat local sous le nom de Société d’Habitation à Bon Marché.
« On vient nous chercher. Pour notre sérieux », confie Roland Marut en défendant des principes de gestion très rigoureux, qui sont parfois critiqués par certains élus d’autres communes. Car si la ville de Grand-Quevilly contrôle à 65% la SA (avec à ses côtés les Coop de Normandie), leurs histoires sont intimement liées, son ancien maire socialiste Tony Larue de 1935 à 1995 en ayant fait un instrument de son développement, après-guerre. De 1960 à 1975, sept mille logements ont été construits sur un foncier soigneusement maîtrisé. Aujourd’hui, Quevilly Habitat loge 18.000 des 26.000 habitants de la commune. Au reproche souvent entendu de contrôle social de ses locataires, le président de la société répond que le taux de vacance n’y excède jamais 0,2%, en respectant scrupuleusement les critères. « Et en intervenant rapidement avec le service social auprès des ménages qui ont des difficultés », ajoute Laurent Bonnaterre, directeur délégué.
A Grand-Quevilly, la commune peut encore compter sur une vingtaine d’hectares disponibles pour un potentiel de 1.500 logements, « ce qui permettra de maintenir à peine la population », observe Roland Marut, en raison du vieillissement des habitants et des nouveaux modes de vie. A l’extérieur, « on refuse plus de projets qu’on en accepte ».
173.000 logements sociaux en Haute-Normandie
Au 1er janvier 2012, le parc locatif social compte 172.680 logements et 10.828 équivalent logements, dont 77% en Seine-Maritime construits et gérés par une quarantaine de bailleurs. Le parc social haut-normand connaît un accroissement constant et représente 21,4% des résidences principales (contre 14,2% au niveau national).