Pour la première fois depuis 27 mois, les statistiques mensuelles dévoilées par le Ministère de l’emploi font apparaître une baisse globale du chômage qui mérite d’être saluée. Même s’il convient de rester prudent et que le reflux est moindre que celui initialement annoncé, la diminution du nombre d’inscriptions faisant suite à une fin de CDD (-7%), de mission d’intérim (-9%) ou à un licenciement économique (-2%), et l’augmentation du nombre de personnes ayant déclaré avoir retrouvé une emploi accréditent l’hypothèse d’un renversement de tendance.
Au-delà de ces données mensuelles, plusieurs indicateurs témoignent d’une embellie économique encore toute relative, mais bien réelle : rebond surprise de la croissance au deuxième trimestre (+0,5%), diminution du nombre de jeunes demandeurs d’emplois pour le quatrième mois consécutif (-5,1% en 4 mois), hausse des déclarations d’embauche de plus de 3 mois en juillet (+ 3,6%) et août (+3,1%), reprise de l’activité privée (une première depuis 19 mois), amélioration spectaculaire du moral des ménages (+ 26 points en deux mois) et des chefs d’entreprise (+ 7 points au dernier trimestre) quant à l’avenir de la situation économique…
Ce mouvement de fond prouve que les différents dispositifs (emplois d’avenir, contrats de génération, Banque publique d’investissement, Crédit d’impôt compétitivité emploi, modernisation de l’action publique…) mis en place par la nouvelle majorité sont en train de porter leurs fruits.
Plus importants qu’annoncés, les efforts demandés aux Français (salariés du public et du privé, contribuables, retraités…) pour assurer le redressement du pays ont au moins le mérite de produire leurs effets. Les sacrifices consentis ne sont pas populaires mais constituent le prix à payer pour solder le passé et éviter de subir le même sort que nos voisins grecs, espagnols ou portugais. De ce point de vue, on oublie un peu trop facilement qu’en mai 2012 la France empruntait plus cher que les britanniques, alors que c’est aujourd’hui le contraire. Et que l’écart avec l’Allemagne a été dans ce domaine réduit de 50% depuis l’élection de François Hollande.
Il reste que la reprise demeure fragile. Il nous faut donc redoubler d’énergie pour la consolider et faire en sorte que nos compatriotes puissent rapidement en ressentir les bénéfices dans leur vie quotidienne. C’est le sens des 34 plans de reconquête industrielle centrés sur les filières d’avenir qui viennent d’être présentés par le Président de la République et le Ministre du Redressement productif. C’est aussi la raison pour laquelle le Projet de loi des finances 2014 prévoit d’augmenter de 8% le budget de l’emploi. Et c’est également dans cet objectif que le Gouvernement vient de créer 30 000 formations supplémentaires dans les secteurs économiques qui font état de difficultés de recrutement faute de qualification… en attendant une réforme plus globale de notre système de formation, laquelle fait actuellement l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux et les organismes financeurs.
Plus que jamais, nous sommes mobilisés pour relever le défi d’inverser durablement la courbe du chômage et accélérer ensuite, conformément à l’agenda politique du quinquennat évoqué par François Hollande durant la campagne présidentielle, la dynamique progressiste et redistributive que les Français appellent de leurs vœux.