Combien d’espaces verts à Rouen ?

mhjulien.jpgL’avenir des villes est au vert !

 

C’est en tout ce que prédisait Le Corbusier, célèbre architecte et urbaniste visionnaire. Aujourd’hui, étant donné la pression environnementale et la priorité donnée à la qualité de vie en ville, nous sommes de plus en plus tentés de penser qu’il avait raison et que l’avenir des villes appartient nécessairement au vert et à plus de nature ! Le phénomène d’écologie urbaine est en effet en plein essor et les appellations faisant référence aux villes vertes ne cessent de se multiplier : parcs naturels urbains, éco-quartiers, villes durables…

 

Mais à Rouen on met de l' »éco » partout, plus par soucis de communication que par réel engouement sur le sujet.

 

Quand l’ancienne équipe municipale s’était engagée sur 12 jardins supplémentaires, l’actuel Maire de Rouen lui, sur son site de campagne n’hésite pas à annoncer 83.500 m2 d’espaces verts supplémentaires depuis 2008, soit 0,76m2 en plus par Rouennais. Un chiffrage à la petite cuillère dont on se demande sur quelle base il s’appuie, puisque comme bon nombre de nos concitoyens, nous avons plutôt vu la ville se bétonner plutôt que se verdir, des espaces verts disparaître même sur des zones du PLU stipulant qu’ils étaient pourtant protégés, comme ceux derrière l’ancien couvent des dominicains de la rue de la joyeuses livrés aux pelleteuses, ou d’ici quelques mois l’ancienne école normale de filles de la route de neufchâtel. Une chose certaine pourtant, il ne peut pas comptabiliser le jardin en lieu et place de l’ancien Palais des Congrès puisque celui-ci est resté virtuel le temps d’une campagne, et a laissé depuis la place à l’Espace Monet Cathédrale.

 

Certes si des squares ont été rénovés, et de belle façon par le service des espaces verts sous la direction de Julien Goossens, certains espaces créés comme sur la place Jean Baptiste de la Salle ou le jardin de la Cour d’Albane, on cherche désespérément comment ont pu être comptabilisés ces fameux mètres carrés de verdure. Alors certes il y aura les quais bas rive gauche, mais ne pouvant pas être comptabilisés puisque tout juste en début de reconversion. La presqu’île Rollet alors ? Mais celle-ci est une réalisation de la Crea. A se demander donc si dans un bilan, on ne serait pas encore en train de nous faire le coup des 100 projets où on mélangeait pèle mêle les réalisations Créa et les projets ville.

 

Oui les collectivités aiment bien communiquer sur leurs superficies d’espaces verts, surtout lorsque les chiffres apparaissent flatteurs. On peut toutefois se demander comment ces chiffres sont obtenus et s’il existe quelque part une normalisation de la méthode de calcul, permettant des comparaisons fiables d’un territoire à l’autre. On constate par exemple que les espaces verts privés sont parfois inclus dans le calcul, ce qui peut présenter un intérêt sous l’angle écologique par exemple, mais pas sous celui de l’usage social.

 

Certes, des travaux précis ont été effectués sur ce sujet avec l’aide d’outils cartographiques performants ; mais ils ne permettent pas toujours de bien comprendre les critères mis en oeuvre. A titre d’exemple, on s’interroge sur la manière de comptabiliser les espaces verts de lotissements, qui peuvent être de toutes tailles et avoir des degrés variables d’ouverture au public.

 

Des mètres carrés donc qui masquent difficilement le manque d’engagement d’une ville et d’une équipe PS-PC-EELV vers plus l’écologie urbaine, ne serait-ce déjà qu’en terme d’espaces verts. Une priorité que pour notre part nous ne comptons pas laisser de côté  et que nous comptons bien mettre en oeuvre dès mars prochain si notre projet devait être choisi par les Rouennais.

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