La SCOP Service 76 est au bord de l’implosion

(fil-fax 09/10/13)

L’entreprise coopérative SCOP Service 76 (société coopérative participative) qui intervient dans le secteur de l’aide à domicile est traversée par de graves dissensions entre la direction et le personnel, vient d’alerter mardi la CFDT Santé. Ces difficultés confirmées par la direction, de la SCOP basée à Sotteville-les-Rouen seraient provoquées, selon la CFDT, par un « refus de l’action syndicale, des tentatives d’intimidation, des licenciements abusifs, le non-respect de la convention collective du maintien à domicile, des pratiques
professionnelles inadaptées ». Elles seraient ainsi monnaie courante dans cette entreprise. Le syndicat dénonce un détournement de l’esprit de l’économie sociale et solidaire.
« Comme la boisson qui ressemblait à l’alcool mais n’était pas de l’alcool cette SCOP à la couleur et l’odeur des SCOP mais il s’agit d’une structure autocratique », accuse sans détour Didier Quint, secrétaire général de la CFDT Santé Sociaux de Rouen Dieppe Elbeuf. Le modèle économique des SCOP où les salariés sont les actionnaires de leur entreprise n’est pas la panacée en matière de protection sociale. La SCOP n’est pas non plus un label qui garantirait à lui seul le succès à ses actionnaires au prétexte qu’ils évoluent dans le champ de l’économie sociale et solidaire. en est une illustration. Sur le papier, la société fonctionne sur le principe de l’égalité des voix et de la transparence. Exemples à l’appui. En avril 2013 l’inspection du travail est saisie d’une demande de licenciement de la représentante de la section syndicale pour fautes graves. Après enquête, l’inspection du travail a refusé ce licenciement injustifié. Une salariée aurait écrit cet été à l’inspection du travail pour signaler des dysfonctionnements dans l’entreprise. Elle ferait l’objet d’une mise à pied conservatoire depuis le 11 septembre.
« Il lui est reproché d’avoir manqué de confidentialité », explique Didier Quint.
Interrogée, la gérante Elise Atmane reconnaît sans les détailler les « difficultés » économiques que traverse actuellement la SCOP. Elle ne cautionne pas en revanche les affirmations du syndicat qu’elle juge « diffamatoires » ou « disproportionnées ». Elise Atmane se dit aujourd’hui « fatiguée » et disposée à rendre son tablier de gérante à la fin de l’année à la fin de son mandat.
Argent public
L’entreprise a été créée en 2006 après avoir répondu au 1er appel à projet Eco-Région-Solidaire. Elle a bénéficié à cet égard d’une dotation pour son lancement de 70.000 €. La SCOP est spécialisée dans le maintien à domicile et la prise en charge des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Elle emploie 70 salariés (auxiliaires de vie, aides à domicile, personnels administratifs) et compte environ 200 bénéficiaires de Rouen à Elbeuf. Les prestations sont payées par les Départements. La CFDT s’interroge sur le contrôle sur la qualité et l’évaluation des demandes de subventions.
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