(fil-fax 15/10/13)
Le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, 36 ans, a été élu lundi 14 octobre président du Conseil régional de Haute-Normandie par 37 voix contre 13 à l’UMP Bruno Le Maire. Les cinq conseillers régionaux du groupe Front national n’ont pas pris part au vote.
M. Mayer-Rossignol a réuni sur son nom l’ensemble des élus de la majorité socialiste (22 élus), radical (3 élus), EELV (6 élus) et Front de gauche (6 élus), issue des urnes en 2010. M. Le Maire a obtenu toutes les 12 voix de son groupe Pour une Nouvelle Normandie (UMP, UDI, DVD), plus, selon toute vraisemblance celle de Chrystelle Saulière (DVD), ancienne élue du groupe FN.
La période de transition provoquée par la démission surprise d’Alain Le Vern s’achève donc sans anicroche. Les porte-parole des groupes d’opposition ont bien entendu voulu railler les raisons invoquées et les conditions dans lesquelles la succession s’est déroulée. En ouvrant la séance en temps que doyenne d’âge, Marie-Estelle Préjean (FN) a vu dans cette succession une désignation ordonnée « quelque part entre la rue de Solferino et le quai d’Orsay », référence faite au ministère des affaires étrangères occupé par Laurent Fabius. L’UMP et chef de file de la droite Bruno Le Maire a soutenu que cette démission « a été motivée par des considérations essentiellement politiciennes et partisanes » aux fins de « préparer les futures échéances régionales ». L’écologiste David Cormand n’était pas loin de partager cette opinion, considérant que le contrat initial issu du scrutin de 2010 « était lié à une incarnation », à savoir Alain Le Vern.
Pour la droite, l’élection de M. Mayer-Rossignol n’est pas « l’alternative » souhaitée par l’UMP Bruno Le Maire « afin de donner une inspiration nouvelle à nos territoires étouffés par la gauche partout aux manettes ». En revanche, les écologistes d’EELV ainsi que le Front de gauche – qui entretenait des rapports tendus avec M. Le Vern -, le changement de président peut être « l’occasion d’un nouveau départ pour la collectivité » selon l’expression du communiste Jean-Luc Lecomte, et comme une possibilité « d’agir et accélérer en faveur de la transition écologique ».