Retraites : une réforme nécessaire, équilibrée et qui remédie à un certain nombre d’injustices

L’Assemblée nationale a adopté ce mardi, en première lecture, le projet de loi relatif à la réforme des retraites.

Ce n’est pas par excès de masochisme, mais bien par esprit de responsabilité, que le Gouvernement et le Parti socialiste ont décidé, dans une période déjà difficile, de se saisir de ce dossier propice aux blocages et aux crispations, y compris au sein de la majorité.

En effet, alors que la réforme Fillon de 2010 était censée régler définitivement le problème du financement des pensions par répartition, le rapport du Conseil d’orientation des retraites remis en décembre 2012, dans le prolongement de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet, a mis en avant les besoins de financement du système à court et moyen terme.

Pour résorber les déficits attendus d’ici 2020, le Gouvernement a fait le choix d’une augmentation limitée des cotisations équitablement répartie entre tous (actifs du privé et du public, retraités, entreprises), contrairement aux réformes de la Droite qui reposaient sur les seuls salariés. Cette solution apparaît plus pertinente et surtout socialement plus juste qu’une augmentation de la CSG, qui a avait été un temps évoquée.

Pour assurer la pérennité du système dans un contexte d’augmentation de l’espérance de vie, le projet prévoit d’allonger progressivement la durée de cotisation à partir de 2020, à raison d’un trimestre supplémentaire tous les 3 ans jusqu’en 2035.

Responsable et équilibrée, cette réforme comporte par ailleurs d’incontestables éléments de progrès, au service de la justice et de la lutte contre les inégalités : maintien de la retraite à 60 ans pour tous les salariés ayant commencé à travailler très  jeunes et disposant du nombre de trimestres cotisés requis, création d’un compte pénibilité dès 2015 permettant aux personnes concernées (environ 3 millions) d’avancer le départ en retraite et/ou de se reconvertir dans des emplois moins pénibles, meilleure prise en compte des temps partiels, des périodes de chômage, de formation, d’apprentissage ou de maternité dans le calcul des durées de cotisation, instauration d’un tarif préférentiel de rachat de trimestres pour les jeunes entrant dans la vie active… autant de mesures qui bénéficieront en premier lieu aux ouvriers, aux femmes et aux jeunes.

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