(fil-fax 17/10/13)
Une délégation intersyndicale CGT et CFE-CGC de l’usine Schneider Electric de Petit-Quevilly devait être reçue mercredi après-midi au cabinet du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, pour présenter une alternative à la réduction de l’activité du site de fabrication de transformateurs qui se traduira d’ici mars 2014 par la suppression de 231 postes de travail sur 311.
Alors que la direction a invoqué une perte de 1 M€ par mois depuis deux ans pour justifier le plan, la CGT assure qu’au contraire les productions de l’usine de Petit-Quevilly sont adaptées à une demande qui ira croissante par les besoins d’équipement pour le secteur de l’énergie : (hydroélectricité, éolien…) et celui des transports. « En réalité la fermeture de notre usine est le résultat du plan ourdi par Schneider en 2009 lors de l’acquisition à Areva », dénonce Didier Lebourgeois, délégué syndical CGT. A l’époque, Schneider avait procédé à une acquisition dans le seul but de rafler le carnet de commandes, accuse-t-il. Or le site est « connu, reconnu et certifié par EDF qui assure 40% des commandes », commandes qui vont être honorées par l’autre usine de Schneider, France Transfo qui est à Metz.
Le comité d’entreprise a mandaté le cabinet Secafi pour mettre à plat la situation industrielle et financière de l’usine de Petit-Quevilly et proposer une alternative à une fermeture « inéluctable » selon la CGT malgré le maintien de 80 postes ce qui n’est pas viable. Secafi s’est étonné que d’un chiffre d’affaires de 140 M€ en 2008, on soit descendu à 100 M€ en 2010 , 37 M€ aujourd’hui et une prévision de 20 M€ en 2014. « Le choix a été fait d’affaiblir Petit-Quevilly », analyse le cabinet Secafi qui suggère à la CGT de se retourner vers l’Etat « qui a les moyens de dire à Schneider qu’il n’y a pas à casser l’outil » car il est largement dépendant de ses commandes.
Sur le même site, Alstom fabrique des transformateurs électriques embarqués dans des ateliers qui lui sont propres. Il emploie 100 salariés. Une fermeture de l’usine Schneider affaiblirait celle d’Alstom.
Le prochain rendez-vous est fixé au 28 octobre, date à laquelle le CE doit être officiellement informé du contenu du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi), « un document dans lequel il n’y aura rien », redoute la CGT qui s’inquiète du projet de redéploiement des salariés de Petit-Quevilly vers des usines Schneider de Haute-Normandie (Le Vaudreuil, Beaumont-le-Roger, Pacy-sur-Eure…) qui devront mettre un terme à l’emploi intérimaire pour embaucher à leur place les Quevillais.
La CGT a indiqué avoir participé à une réunion avec la direction et le maire de Petit-Quevilly et président de la CREA, Frédéric Sanchez (PS), qui a exigé que le projet de Schneider « soit revu à la hausse ». Sur la rive gauche de l’agglomération de Rouen, ce plan s’ajoute à d’autres fermetures ou plan de suppression d’emplois : Petroplus, Saipol, Chapelle Darblay, Coopérateurs…
Etienne Banzet
Gardy Barentin bientôt à vendre
L’usine Gardy (groupe Schneider) à Barentin où sont fabriqués de petits transformateurs, serait elle aussi menacée, selon Laurent Maître Jean, élu CGT au CE. De 600 personnes en 1998, elle n’en emploie plus aujourd’hui que 120 après le départ de lignes de production. La prochaine en date est prévue pour le début 2015 lorsque seront transférées de nouvelles productions vers la Pologne où 13 M€ d’investissement sont programmés. « Ici, nous n’en avons eu aucun depuis plusieurs année », déplore M. Maître Jean. Toutefois, Barentin pourrait être vendu à un repreneur.