Un budget de résistance

Dans un contexte rendu incertain avec la création prochaine de la métropole rouennaise et contraint avec la baisse des dotations de l'État pour les communes, la Ville fait le choix de ne pas augmenter les impôts, de maintenir sa vigilance sur les dépenses et de persister dans des investissements ciblés. Le débat d'orientation budgétaire était au cœur des discussions du conseil municipal qui s'est réuni le 17 octobre avec un seul mot d'ordre : résister. D'emblée, Joachim Moyse, premier adjoint en charge des finances, a tenu à rappeler que le projet de loi de finances, adopté en Conseil des ministres le 25 septembre dernier, prévoyait d'ores et déjà une baisse de 840 millions d'euros de dotations pour les communes. "C'est un tour de vis supplémentaire qui a lieu dans un contexte à la fois difficile et incertain. Saint-Étienne-du-Rouvray risque de se trouver littéralement asphyxiée par la baisse des dotations de l'État et la création de la future métropole qui prévoit de la priver d'une grande partie de ses compétences pour finalement l'exposer à une casse de son autonomie de gestion".
Au-delà de ces sombres perspectives, la Ville fait le choix de miser sur l'avenir et de maintenir l'investissement en faveur des priorités qu'elle s'est fixées au niveau social, éducatif et en termes d'économie d'énergie.
Ainsi, en 2014 le Marché public de performance énergétique (MPPE) intègrera une nouvelle tranche de travaux pour la rénovation des bâtiments municipaux. Cette initiative permettra à la Ville de réaliser une économie de 23,7% sur un budget qui s'élève annuellement à près de 1,2 million d'euros. Pour le volet social, Joachim Moyse entend ne rien rogner sur le socle des services et des prestations en faveur des Stéphanais les plus touchés par la crise, en maintenant en particulier le dispositif de tarification solidaire. Sur le plan éducatif encore, la Ville mise sur le long terme en faisant le choix d'un recrutement important pour la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires mais aussi en développant les infrastructures adaptées avec, à l'école Joliot-Curie, l'ouverture programmée d'un nouveau restaurant scolaire pour septembre 2014 et la création de deux nouvelles classes de maternelle pour la rentrée 2015.
L'ultime information concernant ce débat sur un budget qui sera effectivement voté en décembre prochain était relative à l'annonce du maintien du taux d'imposition pour les Stéphanais. "Une décision rendue possible grâce notamment à notre politique de développement urbain et démographique qui a permis l'arrivée de nouveaux foyers fiscaux", a précisé Joachim Moyse. De son côté, David Fontaine, au nom du groupe PS, a reconnu le bien fondé de ces orientations budgétaires tout en pointant "un autofinancement encore très bas" et donc une nécessité de "maintenir l'effort sur les frais de fonctionnement des services". Et le maire Hubert Wulfranc de conclure, "nous ne serons pas l'équipe de l'austérité pour Saint-Étienne-du-Rouvray. Mais nous continuerons de nous appuyer sur une gestion à la fois sérieuse, responsable et offensive".
Parmi les autres sujets discutés lors de ce conseil municipal, il y avait aussi une modification du Plan local d'urbanisme qui vise à permettre la création d'un internat de 80 lits dans le cadre de l'installation du CFA Lanfry sur le site du Technopôle du Madrillet. Sur ce point, Michelle Ernis, élue Droit de cité, s'est opposée à cette modification au motif que l'arrivée et la mise en avant du CFA représente un "risque pour des établissements comme le lycée professionnel Le Corbusier qui pourrait être pénalisé". Et l'élue de regretter que "l'enseignement public ne soit plus forcément un enjeu prioritaire tandis que l'apprentissage ne cesse d'être encouragé par le patronat".
Enfin, un avis défavorable a été adopté à propos du Plan de déplacements urbains de la Crea tandis les représentants du PS et de l'UMP se sont abstenus sur ce point. Le maire Hubert Wulfranc a rappelé que cet avis défavorable résultait d'une absence de prise en compte par la Crea des propositions de la Ville sur trois points majeurs : la création d'un axe transversal est/ouest qui constitue un enjeu important pour le quartier Claudine Guérin, l'amélioration du cadencement des trains sur la ligne Rouen/Elbeuf avec la création de haltes supplémentaires, la demande d'un tracé de contournement Est de Rouen qui passe en souterrain sous les voies ferrées et le rond-point des Vaches.

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