Avec le Corridor Atlantique, l’Europe intègre l’Axe Seine dans sa nouvelle carte des transports

(fil-fax 29/10/13)

Le lobbying a fini par payer : l’Axe Seine figure pour la première fois clairement sur la nouvelle carte européenne des transports que la Commission vient de publier. Il s’intègre dans l’un des neuf corridors qui doivent permettre de fortifier un « réseau central » européen « bien défini ». Baptisé « Atlantique » ce corridor relie Lisbonne à Mannheim et Strasbourg en passant par Madrid, Bilbao, Bordeaux, Le Havre, Rouen, Paris et Metz. Un corridor est défini comme un axe qui doit comprendre au moins trois modes de transport, trois états membres et deux tronçons transfrontaliers. En l’espèce pour le corridor « Atlantique » les états membres sont le Portugal, l’Espagne, la France et l’Allemagne. Dans son communiqué de présentation de sa politique la Commission indique que « la dimension maritime joue un rôle crucial sur ce corridor » en évoquant aussi l’existence de « lignes ferroviaires à grande vitesse et d’autres lignes conventionnelles parallèles » ainsi que « la Seine en tant que voie navigable ».

En définissant, sur son axe est-ouest, de tels corridors qui convergent, de fait, vers l’Allemagne, la partie la plus riche de l’union, l’UE appelle à « concentrer des ressources limitées » afin « d’obtenir des résultats ». Elle veut en effet à la fois réaliser « les chainons manquants », résorber les goulets d’étranglement, développer les connexions multimodales et réduire les émissions de gaz à effet de serre. « L’objectif est de garantir que progressivement, d’ici 2050, la grande majorité des entreprises et des citoyens européens ne soient pas à plus de trente minutes de ce réseau capillaire », assure-t-elle.

Pour appliquer cette nouvelle politique, elle compte multiplier par trois les fonds consacrés aux transports au cours de la période 2014-20 pour les porter à 26 milliards d’euros. Elle souligne que cet investissement est à rapprocher des enjeux auxquels est confrontée l’Europe : « Le transport des marchandises devrait croître de 80 % d’ici 2050 et le transport des voyageurs de plus de 50 % ». La somme reste toutefois relativement modeste au regard de l’ambition affichée, l’UE reconnaissant qu’elle n’assurera qu’une « petit partie » des besoins en financements qui sont évalués à 250 milliards d’euros.

Dominique Aubin

Le nouveau réseau central en chiffres

  •  94 ports majeurs reliés aux réseaux ferroviaires et routiers
  • 38 aéroports reliés aux grandes villes par liaisons ferroviaires
  • 15.000 km de lignes ferroviaires aménagées pour la grande vitesse
  • 35 projets transfrontaliers visant à réduire les goulets d’étranglement
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