(fil-fax 08/11/13)
La poursuite du projet de contournement routier à l’Est de Rouen par une liaison entre les autoroutes A28 et A13, est possible sans qu’un nouveau Débat public soit nécessaire, a estimé mercredi la Commission nationale du débat public. Celle-ci avait été saisie par le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, et localement par les élus écologistes (EELV) de Haute-Normandie qui considéraient que, au-delà des désaccords sur le principe même de contournement, des « modifications majeures du tracé » sont intervenues depuis le débat public initial qui s’est déroulé entre juin et novembre 2005. Au terme de ce débat qui remonte à huit ans, le gouvernement de l’époque et son ministre de l’Equipement, Dominique Perben, avait décidé de poursuivre le projet tout en demandant un approfondissement des études. En visite à Rouen, M. Perben avait convenu que des interrogations subsistaient sur la compatibilité du tracé proposé avec les contraintes environnementales, dont la présence d’une zone Natura 2000.
La dernière décision importante remonte au mons de juillet 2013 avec l’inscription par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, de la réalisation de la liaison A28-A13 d’ici à 2030 parmi les investissements nationaux pour la mobilité. Son coût est estimé à 880 M€.
Aujourd’hui, la commission présidée par Christian Leyrit, a recommandé au maître d’ouvrage (l’Etat), « de mener une concertation avec le public sur la base du tracé préférentiel retenu. Cette concertation sera menée sous l’égide d’une personnalité indépendante désignée par la CNDP ».
Réclamé et sans cesse reporté depuis trente ans par les dirigeants économiques régionaux et une large majorité des élus politiques, le projet bute année après année, débat après débat, sur une inertie qui ne fait que poser selon les écologistes, la question de son utilité. De quelque couleur que soit la majorité nationale ou régionale, il s’est toujours trouvé une bonne raison pour reporter la décision. Les incertitudes de Dominique Perben en 2006 en sont un exemple. La fermeture accidentelle pour 18 mois du pont Mathilde a au contraire conforter ses partisans.
Le temps avançant, de nouvelles oppositions surgissent comme celles de 17 maires dont ceux des communes de Oissel, le sénateur communiste Thierry Foucaud, et de Saint-Etienne du Rouvray, Hubert Wulfranc (PCF). Ils sont favorables à un contournement mais ils refusent un tracé arrêté en 2012 par les services de l’Etat pour qu’il soit en conformité avec la réglementation européenne. Il pénaliserait, affirment-ils, le développement industriel et es zones résidentielles de leur ville.
En commentant la décision de la Commission nationale du débat public de ne pas en organiser un nouveau, l’écologiste Claude Taleb, vice-président (EELV) du conseil régional parle d’une « demi-décision ». Il se félicite de la nomination d’une personnalité indépendante « plutôt une bonne chose si on veut bien considérer qu’en local, la nuance et l’objectivité ne sont pas franchement de mise », observe-t-il. Il conclut que « la commission est consciente qu’il y a matière » à concertation puisqu’il y a « un nouveau tracé et de nouveaux opposants, élus et riverains. Et pas seulement EELV comme se plaisent à le répéter ceux qui sont pour ! », précise-t-il.
Etienne Banzet