Restauration collective : Bois-Guillaume se tourne vers la régie municipale de Rouen

(fil-fax 28/11/13)

La décision de mutualiser des services municipaux entre les communes n’obéit pas obligatoirement aux à priori politiques. Les communes de Bois-Guillaume (12.000 hab) et de Rouen (110.000 hab), l’une à direction UMP et l’autre socialiste, le prouvent aujourd’hui avec la restauration collective. En fin de délégation de service public confiée à la société Sogeres, Bois-Guillaume s’est tourné vers Rouen qui a depuis un an, réintégré la restauration collective en régie municipale comme le prévoyait un des engagements de campagne en 2008. La cuisine centrale de Rouen fait appel à des producteurs maraîchers de proximité, privilégie les filières courtes et dans la mesure du possible sert des repas issus de l’agriculture biologique. Le bilan qualité et gustatif est unanime. Le seul bémol est venu de la Chambre régionale des comptes qui a pointé dans un récent rapport, la charge supplémentaire pour la ville en terme d’emplois.

Actuellement la cuisine centrale de Rouen fabrique 8000 repas par jour pour les écoles et des foyers de personnes âgées. La demande de Bois-Guillaume sera de 800 repas par jour. Les deux communes vont créer un syndicat à vocation unique. Le nouveau service sera opérationnel en septembre 2014. Le personnel qui travaille à Bois-Guillaume pour Sogeres sera repris par la ville.

Pour le maire UMP de Bois-Guillaume, Gilbert Renard, « ça correspond aux objectifs de l’Agenda 21 ». Il en va tout simplement de « l’intérêt général » au regard de la qualité des repas servis, de l’appel à des producteurs locaux et du coût pour sa commune qui aurait été en croissance, le délégataire faisant venir les repas d’une cuisine située à Amiens (115 km). « Ça correspond à notre Agenda 21 ».

A Rouen, le maire socialiste Yvon Robert est bien entendu ravi que son collègue ait saisi une « opportunité de mutualisation et de rentabilisation de la cuisine centrale. C’est également la reconnaissance du travail réalisé par la régie et les agents municipaux qui y opèrent ».

Ironie de l’histoire, Bois-Guillaume qui est encore “Bois-Guillaume – Bihorel“ jusqu’au 31 décembre 2013 – va se séparer de sa voisine Bihorel avec laquelle elle avait fusionnée en janvier 2012. Le tribunal administratif a en effet cassé le mariage par un jugement de juillet 2013. Les deux communes n’ont pas eu le temps de fondre leur restauration collective. Et Bois-Guillaume s’est tourné vers Rouen…

Etienne Banzet

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