(fil-fax 02/12/13)
Une centaine de personnes dont le maire de Rouen Yvon Robert (PS) ont participé samedi matin à Rouen à la messe annuelle des morts de la rue célébrée en l’église Saint-Vivien. En charge de cette cérémonie présidée par l’archevêque de Rouen Mgr Descubes, l’Association Rouennaise pour l’Adieu aux Morts Isolés (ARAMI) a confirmé l’accompagnement depuis novembre 2012, dans la « dignité et le respect », de 42 personnes dont un enfant âgé d’un jour. Ces personnes isolées, Sans Domicile Fixe (*), sans familles ou indigentes sont mortes « dans l’indifférence générale d’une société déshumanisée où l’égoïsme passe avant tout », souligne Léon Butez, président de l’Arami. Leurs cendres reposent au cimetière de l’Ouest. « Autrefois l’endroit s’appelait “le polygone des indigents“. Nous l’avons rebaptisé le “jardin de la mémoire“ », explique Léon Butez, 77 ans. Depuis la création de l’association qui remonte à une dizaine d’années 253 personnes dont 7 enfants ont été accompagnés dans la plus grande discrétion vers ce jardin. Une minorité de ces personnes était sans famille. Pour les autres, personne n’a souhaité assister à l’inhumation prétextant une ancienne brouille ou coupant toute conversation avec l’association avec un définitif « j’en ai rien à foutre ». « C’est l’honneur de la ville de Rouen que personne ne soit inhumée sans être accompagnée », a rappelé dans son homélie l’archevêque. Il n’empêche. Pour certains il n’y a pas d’autres lieux d’hébergements que les cimetières.
Patrick Streiff
(*) Le Collectif Les Morts de la Rue auquel est affiliée l’association rouennaise a enregistré 145 décès de SDF en 2012 en France (+45% en un an).