Rouen Motivée avait fait la promesse du 15ème quartier de Rouen.
Résultat, 6 ans plus tard : exit les conseils municipaux retransmis sur internet, les bornes d’accès libre dans les lieux publics ou le quartier virtuel sur le web. Seule réalité, c’est que toutes ces promesses sont restées de l’ordre du virtuel, si l’on excepte l’abandon du papier lors des conseils municipaux et l’introduction de tablettes numériques, quand le serveur de l’Hôtel de Ville, digne de Fort Knox, ne nous joue pas quelques facéties en empêchant la mise en réseau. Quant aux autres développements et applications ouvrant Rouen sur le monde numérique, le grand vide.
Pourtant, selon l’étude de MARKESS sur les territoires intelligents avec le numérique, 78% des décideurs du secteur public placent l’élu comme l’élément clef de son développement, loin devant la formalisation d’un plan de développement du numérique, la présence d’une infrastructure très haut débit, le financement ou encore la concertation entre acteurs. Autant dire que l’investissement et l’engagement humains s’imposent comme un point crucial pour la réussite de ces projets : comme l’affirme Erik Orsenna, ces édiles des territoires sont comme des « artisans d’art, tissant en permanence des liens entre tout ce qu’il y a sur leur territoire ». Pascale Luciani-Boyer, adjointe au maire de Saint-Maur des Fossés, rappelait cette comparaison lors du congrès des maires, invitant les élus « à aller vers la ville connectée, car celle-ci recrée du lien social ».
Les prochaines élections municipales posent en effet la question de la prise en main du numérique par les futurs élus, et leur envie de se saisir du sujet. Alors qu’à Lyon on se lance dans l’aventure de la smart city en devenant leader européen, à Rouen et à la CREA qui entend être la première éco-communauté de France, c’est plutôt la panne numérique.
Car les enjeux sont en effet de taille :
– Satisfaire la demande des citoyens aguerris aux services en ligne : la dernière étude de MARKESS dédiée aux collectivités locales confirme l’engagement de celles-ci en faveur de services de qualité pour le citoyen. Ces évolutions se concrétisent par la généralisation des services en lignes traditionnels sur les sites internet des collectivités avec de fortes ambitions pour le paiement en ligne. Les tendances les plus prometteuses d’ici 2015 sont en faveur de services sur supports mobiles ( tablettes, téléphones portables) et de géolocalisation de données.
– Maîtriser la dépense publique en optimisant les processus internes à la collectivité : pour répondre à cet enjeu, la dématérialisation de documents et de processus (courriers entrants, dossier RH, documents financiers ou de marchés publics…) contribue largement à l’effort mais aussi à l’implémentation de modes de travail plus collaboratifs et mobiles pour les agents (portails agents, gestion de projet, agenda partagé, messagerie, réseau social interne…). Une bonne conduite des politiques publiques passe aussi par une analyse optimisée des données de la collectivité à la fois pour l’aide à la décision et l’ouverture des données publiques susceptibles de générer des services innovants par des tiers.
– Moderniser l’ensemble des politiques publiques (éducation, transport, développement économique, santé/social, culture…) pour promouvoir un territoire attractif : l’étude « territoires et villes intelligentes » de MARKESS International révèle d’ores et déjà des initiatives précurseurs de ce mouvement. L’éducation, le développement économique et la gestion des transports se manifestent par des projets plus matures et répandus (les tableaux blancs interactifs pour l’éducation, les réseaux haut et très haut débit pour l’économie, les plates-formes d’intermodalités pour les transports). La santé/social et la gestion environnementale et énergétique font partie des domaines en maturation avec déjà des premières expériences réussies (maintien à domicile, éco-quartier…).
Un sujet qui pour nous n’a rien de virtuel et sur lequel il faudra s’appuyer avec l’agglomération si l’on entend vraiment compter au titre des capitales régionales à l’échelle européenne.