(fil-fax 13/12/13)
Une nouvelle phase de concertation sur le projet de contournement routier Est de Rouen et la liaison A28 – A13 va être lancée en juin 2014 pour 6 semaines, a annoncé jeudi le préfet de région Haute-Normandie, Pierre-Henry Maccionni.
Si cette “concertation“ était attendue avec des signes d’impatience d’élus des communes concernées par le tracé, son organisation paraîtra tardive à certains d’entre-eux. Le calendrier est imposé par les deux séquences électorales qui vont se succéder : municipales en septembre, Européennes en mai. Les obligations de réserve observées par les services de l’Etat pendant les périodes préélectorales empêchent toute expression publique. La concertation se déroulera du début du mois de juin à la mi-juillet sous la direction d’une personnalité indépendante désignée par la Commission nationale du débat public (CNDP), Michel Gaillard, qui sera chargé d’organiser une série de réunions pour le grand public sur le secteur traversé, à Rouen et à Evreux. Ce sera une sorte de “débat public“ raccourci, la CNDP ayant estimé que celui qui s’est déroulé en 2005 était suffisant.
Depuis, malgré la décision favorable du gouvernement annoncé en personne par le ministre de l’Equipement de l’époque, Dominique Perben, rien n’a vraiment avancé, le projet butant sur un tracé qui amputait une zone Natura 2000, les coteaux de Saint-Adrien où prospère une espèce endémique, la Violette de Rouen.
Le dossier s’est débloqué en deux temps : la définition d’un tracé qui évite la zone Natura 2000 et la décision en juillet 2013 du gouvernement d’inscrire la liaison A28 – A13 parmi les priorités du SNIT (Schéma national des infrastructures de transport) comme le recommandait la commission Mobilité 21, présidée par le maire PS de Caen, Philippe Duron.
Reste que les oppositions persistent. Il y a celles des écologistes (EELV, associations) qui réfutent l’intérêt d’un projet routier d’un montant de 1 Md€ destructeur pour l’environnement et incompatible, affirment-ils avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre. A celles-ci se sont ajoutées les désaccords d’élus avec le nouveau tracé dit “variante préférentielle“. Ils se sont regroupés au sein d’une Association des Communes pour un Contournement Est Soutenable (ACCES) qui reconnaît l’utilité de l’ouvrage mais conteste le tracé qui « protège la Violette de Rouen mais oublie des maisons », tempête son président, Alain Roussel, maire des Authieux sur le Port Saint-Ouen.
Plus au sud, dans l’Eure, le maire (PS) de Pont-de-l’Arche redoute la construction d’une liaison « qui ne réponde en rien aux besoins locaux ». L’actualité d’un accident de poids lourd sur le pont sur l’Eure et la Seine à Pont de l’Arche, « seul endroit où on peut franchir la Seine » entre Elbeuf et Saint-Pierre du Vauvray à l’exception de l’autoroute A13, est venue conforter les partisans d’une desserte plus fine des territoires.
« C’est le sens de la concertation, explique en substance le préfet Maccioni. Elle donnera matière à réflexion et pourra s’accompagner d’initiatives pour optimiser le projet ». Il prévient que dans ce type de débat « on ne comptabilise pas que les voix qui sont contre ». Les services de l’Etat ajouteront un argument souvent peu ou pas avancés lors des précédents débats : en délestant la voirie ordinaire du trafic de transit on facilité la requalification de la voirie locale et la réalisation de nouvelles voies de transport en commun en site propre.
Si le projet est accepté par l’Etat à la fin de l’année 2014, il ne serait pas lancé avant 2020.
Etienne Banzet