(fil-fax 18/12/13)
Une étude approfondie sur la viabilité de la plate-forme aéroportuaire de Rouen Vallée de Seine dont la compétence relève de la CREA, va être lancée sur la base de trois hypothèses allant du statu quo jusqu’à la fermeture totale, a annoncé lundi Frédéric Sanchez, devant le conseil de la communauté d’agglomération. Le président socialiste de la CREA a d’emblée précisé que le groupe de travail, présidé par l’un des 1er vice-présidents Jean-Marie Aline (DVG), sera composé d’au moins deux membres de chaque groupe politique qui ont tous donné leur accord.
« C’est maintenant que les décisions stratégiques se prennent, a expliqué M. Sanchez. La DSP – délégation de service public – (attribué à la SNC Laville, ndlr) arrive à échéance à la fin 2016 et en septembre 2014 nous devons lancer une procédure pour son éventuel renouvellement ». Trois scénarios pourraient être étudiés, « sans compromis, ni tabous ». Ce serait soit la relance d’une DSP dans le cadre d’activités aéroportuaires à leur niveau actuel, soit la transformation de l’aéroport en aérodrome de proximité cantonné à l’aviation générale et de loisirs, soit même proposer la fermeture éventuelle de la plate-forme.
« Pour l’instant, j’exclus le scénario du développement qui ne me paraît plus d’actualité », a ajouté M. Sanchez tout en acceptant que le groupe de travail, présidé par Jean-Pierre Aline, premier vice-président (DVG) de la CREA, s’en saisisse si elle le souhaite.
« Tous cela coûte fort cher » a résumé Frédéric Sanchez en citant deux chiffres : les 750.000 € inscrits chaque année au budget de la CREA auxquels il faudra ajouter un investissement de l’ordre de 1,5 à 1,6 M€.
Tout le monde a en mémoire les nombreuses tentatives de développement d’une plate-forme au statut d’aéroport commercial qui n’a jamais disposé des moyens et du consensus nécessaires à ce développement ni rencontré le succès suffisant auprès des opérateurs. « Le rapport sera peut-être très contrasté. Il faudra mesurer l’impact en terme d’attractivité. Ce n’est pas à la légère que je propose le scénario de fermeture », a insisté Frédéric Sanchez en ajoutant qu’il y avait sur la plate-forme de Boos, des entreprises notamment pour l’aviation générale et légère, soit une cinquantaine d’emplois. « Et ça marche très bien ».
Devant le conseil communautaire, le président de la CREA a tout fait pour démontrer que rien n’était ficelé.
L’aéroport de Rouen Vallée de Seine modernisé avec une nouvelle piste au début des années 90, n’a jamais connu un franc développement en raison de ses caractéristiques. Les vols vers Lyon qui constituaient son fond de commerce ont été stoppés en 2009 alors que la plate-forme avait enregistré 28.543 passagers dans l’année au départ et à l’arrivée à Rouen (38.000 avec le transit de passagers havrais). Depuis, seuls des vols saisonniers hebdomadaires sont organisés d’avril à septembre vers la Corse et apportent un volume de trois à quatre mille passagers.
Etienne Banzet